The Keys
Deviltears

Par Aurélie Allais le 08 janvier 2015

Fin 2014, le jeune groupe russe Deviltears est venu déverser pour la première fois en France son gothic love metal. Ce style, peu présent dans nos contrées, est le plus souvent le terrain musical des groupes nordiques. Alors que nous vaut cette version de l'est ?

Le groupe, créé en 2005, nous vient d'une petite ville, Rostov-sur-le-Don, située à l'ouest de la Russie, à 958km au sud de Moscou. Il a subit plusieurs changements depuis sa formation. En 2012, Eduard Khudoverdov (batterie), Sergey Sapukhin (guitares) et Dmitry Oshevskiy (guitare et voix) ont été rejoint par le bassiste brésilien Joao Manechini. Par ailleurs, ce ne sont pas les musiciens qui sont à l’origine des textes mais une parolière extérieure : Kseniya Buslaeva (qui a écrit sur les albums précédents). Enfin, l'artwork assez sombre et plein de mystère a été confié au graphiste mexicain : Raziel "Dark Prince" Kainen. "The Keys" est leur troisième effort, mais c’est la première fois qu’un label (M & O Music) les distribue en France. Ce qui en ressort à la première écoute c’est l’accessibilité de l'ensemble. Le tout se veut simple. Aussi bien dans les mélodies que dans les textes. Dmitry a pu le dire en interview que pour lui, l’important c’était de transmettre une émotion, et pour cela, il n’était pas nécessaire d’en faire des tonnes. Parfois, un accord de guitare basique en dit plus qu’une ribambelle de notes jouée à la perfection par un virtuose de la six cordes. Mais ces musiciens n’ont pas à rougir de leur niveau qui est plutôt excellent. Les mélodies sont plutôt douces et restent bien en tête ce qui permettra à un large public de pouvoir l’écouter et l’apprécier. "Freeman" en est le parfait exemple. Avec ses faux airs d’un hit à la Bon Jovi il pourra très bien être diffusé sur nos ondes radiophoniques. D’autres titres plus sombres, sont assez dominés par les claviers. Parfois un peu trop d’ailleurs. Le gimmick sur "Let Me Die With You" sonne très 80’s (tout comme le chant d’ailleurs) et gâche un peu le morceau. Quelques très bons solos de guitares sont placés ici et là, sans oublier la partie rythmique qui impressionne par moment par l’usage de la double pédale. Dans l’ensemble, les textes sont assez basiques, mais ne permettent pas de les comprendre facilement. La barrière linguistique en est probablement la cause. A travers ces douze pistes, Deviltears a voulu évoquer de ces moments qui nous renvoient vers le passé, et nous ouvre les portes vers une autre compréhension du monde. Ils ont voulu nous livrer les clés.

"The Keys" est un bon album, accessible permettant à un large public de s’initier à un style plutôt réserver à une catégorie d’amateurs de noirceur musicale. Cependant, on regrettera un chant trop sage et pas assez hurlé. Dmitri ne va pas au bout de son potentiel. On regrettera aussi l’usage intempestif du synthé qui pourrait être évité sur certains titres.

Informations

Notre sélection

  • Freeman
  • Paradise
  • Peacemaker

Note RUL

2.5 / 5

Ecouter l'album

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