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Cover Story #4 : Oasis – Definitely Maybe

Suite à l’annonce de la tournée britannique de Liam Gallagher pour les trente ans de l’album Definitely Maybe, Kaithleen revient cette semaine sur la pochette de ce disque culte sorti en 1994 et réalisée par le photographe et réalisateur anglais Michael Spencer Jones.

L’album

Definitely Maybe est le premier album du groupe Oasis. Le quintette anglais, composé des frères Liam et Noel Gallagher, Paul “Bonehead” Arthurs, Paul “Guigsy” McGuigan et Tony McCarroll, a fait très fort avec ce disque qui a initié ce que l’on a appelé la “Oasismania“, tel qu’on a pu parler de la “Beatlemania” par le passé en Angleterre et à travers le monde. Oasis incarne sur la scène musicale rock alternative les représentants de la britpop (aux côtés de groupes comme The Verve ou encore Blur), popularisée dans les années 1990. Avec Definitely Maybe, nous sommes au contraire, définitivement certain(e)s aujourd’hui de l’ampleur qu’ont pris certains titres tels que “Rock ‘n’ Roll Star”, “Live Forever”, “Supersonic” ou encore “Slide Away”, devenus des hymnes à eux seuls.

La cover

Michael Spencer Jones est connu pour avoir travaillé aux côtés d’Oasis pour la couverture de trois albums : Definitely Maybe (1994), (What’s The Story) Morning Glory (1995) et Be Here Now (1997). On lui doit également la photographie qui illustre l’album Urban Hymns (1997) du groupe The Verve. L’œuvre photographique de Michael Spencer Jones est bâtie sur un processus de création reconnaissable. Le travail de la composition est primordial dans une maîtrise parfaite de la mise en scène de l’espace. On reconnaît d’ailleurs la touche du photographe anglais à travers les différentes œuvres citées.


Michael Spencer Jones s’est inspiré d’une photographie présente au dos d’une compilation des Beatles, A Collection Of Beatles Oldies (1966), où les quatre Beatles sont entourés d’objets qui leur sont chers et familiers. L’illustration de l’album Definitely Maybe reprend ce concept de l’image remplie d’anecdotes personnelles.

Le cliché de Definitely Maybe a été réalisé dans la maison du guitariste Paul “Bonehead” Arthurs, dans la banlieue de Manchester, d’où est originaire la formation. L’image est prise en légère contre-plongée, de sorte à mettre l’accent sur la profondeur de la pièce qui se termine par de grandes fenêtres vitrées. Les couleurs ont été retouchées pour donner un effet vintage dans les tons de jaune et bleu. On peut observer les cinq membres de la formation, chacun dans une posture différente. Liam Gallagher est allongé sur le sol, Noel Gallagher est assis sur le canapé en train de jouer de la guitare, Tony McCarroll, le batteur, est assis en tailleur au fond de la pièce devant la télé, avec le bassiste Paul “Guigsy” McGuigan et le guitariste Paul “Bonehead” Arthurs.

Deux verres de vin et un paquet de cigarettes sont posés au sol au premier plan, ce qui fait référence au morceau “Cigarettes And Alcohol” présent en piste huit du disque. Le portrait contre le canapé représente Burt Bacharach, pianiste américain qui est l’une des idoles de Noel Gallagher. Au second plan, sous la cheminée, un portrait de Rodney Marsh, joueur de foot de l’équipe Manchester City, dont Liam Gallagher est un fervent supporter. À l’arrière-plan, près de la télé, un autre portrait d’un autre joueur de Manchester City, George Best. La télé diffuse d’ailleurs le film Le Bon, La Brute Et Le Truand (1966) de Sergio Leone, l’un des films favoris de Noel Gallagher. Un globe terrestre domine la composition, accroché au plafond. Évoquerait-il l’ambition d’Oasis d’être reconnu à travers le monde ?

Une fois ces détails mis en lumière, cette œuvre de Michael Spencer Jones est tout à fait pertinente pour illustrer le premier album d’un nouveau groupe sur la scène musicale. Son caractère intime et mystérieux est une présentation originale des membres du groupe au public, comme une invitation à pénétrer dans l’univers d’Oasis, dont les multiples significations n’ont certainement pas toutes été révélées.

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