
Quand on parle de Pantera, on pense immédiatement à des riffs puissants, des grooves à s’en dévisser les cervicales et un son qui a profondément transformé le metal des années 90. Mais Pantera, c’est aussi des visuels qui marquent. Vous vous êtes sûrement déjà demandé qui est l’homme sur la pochette de Vulgar Display Of Power. Et surtout, combien de coups il a dû encaisser pour capturer ce cliché violemment parfait ? RockUrLife répond à toutes vos interrogations !
L’album
Sorti en 1992, Vulgar Display Of Power est souvent considéré comme le deuxième album de Pantera. En réalité, il s’agit de son sixième disque. Dans les années 1980, le groupe avait publié quatre albums dans une esthétique glam, aujourd’hui presque tombés dans l’oubli.
Avec cet album, Pantera affirme définitivement son identité sonore : un metal lourd et groovy souvent qualifié de “southern thrash“. Il suffit d’écouter l’enchaînement des cinq premiers morceaux “Mouth For War”, “A New Level”, “Walk”, “Fucking Hostile” et “This Love” pour saisir toute la puissance de cette formule.
On y retrouve la voix écorchée de Phil Anselmo, la section rythmique massive portée par Rex Brown et Vinnie Paul, ainsi que la guitare foudroyante de Dimebag Darrell. Résultat : un disque frontal, brutal et sans compromis, qui s’impose rapidement comme l’un des sommets de la carrière du groupe.
L’artiste
Derrière cette cover culte se trouve le photographe Brad Guice. Ce n’était d’ailleurs pas sa première collaboration avec Pantera : il avait déjà signé la pochette de Cowboys From Hell en 1990. À l’époque, Guice est déjà un professionnel reconnu dans l’industrie de la musique et de la publicité. Il a photographié des artistes majeurs comme Sting, B. B. King ou encore Prince. En parallèle, il réalise aussi des campagnes pour de grandes marques, dont Coca-Cola.
Aujourd’hui, Brad Guice mène une vie bien différente : il est pasteur à la Times Square Church, dans le New Jersey. Pour autant, il n’a jamais complètement abandonné son appareil photo. Guice met désormais son regard au service de projets humanitaires, photographiant certaines des réalités les plus difficiles du monde : zones de conflit, orphelinats, hôpitaux ou encore milieux carcéraux.
La cover
Mais venons-en aux faits : l’histoire derrière la pochette de Vulgar Display Of Power. Au fil des années, la photo a nourri de nombreuses légendes. Certains racontent qu’un fan aurait été abordé dans la rue pour encaisser jusqu’à 80 coups de poing. Vinnie Paul et Rex Brown affirment qu’il s’en est pris une trentaine. D’autres racontent encore que l’homme aurait été payé 10 $ par coup.
Spoiler : rien de tout cela n’est vrai. En réalité, personne n’a été frappé pour réaliser cette pochette. L’homme que l’on voit encaisser le coup s’appelle Sean Cross. À l’époque, il est mannequin et est simplement engagé par Brad Guice pour participer à une séance photo professionnelle.

Pour créer l’illusion de choc, Guice a fait appel à un mannequin de main chargé de presser son poing contre le visage de Cross. De son côté, le modèle pousse sa tête dans la direction opposée afin d’accentuer la déformation de son visage. Le mouvement est ensuite renforcé par un ventilateur qui projette les cheveux en arrière, amplifiant l’impression d’impact, de mouvement et de brutalité. Le résultat est spectaculaire : une image d’une violence saisissante, obtenue sans qu’aucun coup ne soit réellement porté.
Cette séance photo aura d’ailleurs un effet inattendu sur la carrière de Sean Cross. Après la sortie de l’album, son activité de mannequin prend de l’ampleur et il restera très proche de Brad Guice, au point de devenir son témoin de mariage.
Dernière anecdote : la photographie originale avait été prise en couleur. Lorsque la version finale en noir et blanc est dévoilée, Brad Guice avoue avoir été déçu, estimant que la version colorisée avait encore plus d’impact visuel. Malgré cela, la pochette de Vulgar Display Of Power s’impose toujours comme l’une des images les plus iconiques du metal, parfaitement en phase avec la brutalité sonore de Pantera.






