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NIMRODS : A Green Day Comedy


À l’heure où les biopics musicaux semblent se multiplier à vitesse grand V, Green Day a choisi une voie quelque peu différente pour faire son cinéma. Avec NIMRODS: A Green Day Comedy, pas question de retracer l’ascension du trio californien de ses débuts au 924 Gilman Street au succès planétaire de Dookie. Le groupe préfère regarder dans le rétroviseur autrement à travers une fiction librement inspirée de ses jeunes années.

Biopic ou fiction ?

Écrit et réalisé par Lee Kirk (déjà derrière Ordinary World en 2016 avec Billie Joe Armstrong) NIMRODS a été développé avec Green Day et Live Nation Studios. Billie Joe Armstrong, Mike Dirnt et Tré Cool figurent également parmi les producteurs du film. Devant la caméra, Mason Thames, Kylr Coffman et Ryan Foust incarnent Tommy, Fred et Chad, trois adolescents qui forment les Analog Dogs, tandis que Green Day apparaît dans son propre rôle. Car Nimrods n’est pas un biopic, et c’est probablement ce qui fait en premier lieu tout l’intérêt du projet. Le point de départ est assez simple, Tommy est persuadé que les Analog Dogs ont été choisis pour assurer la première partie de Green Day lors d’un concert du Nouvel An à Los Angeles. Il se lance alors avec ses deux acolytes dans un road trip depuis Kansas City à travers les États-Unis à bord d’un taxi jaune, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la célèbre séance photo de Green Day réalisée par Danny Clinch en 1994.


Si les Analog Dogs ne sont donc pas Green Day et que Mason Thames n’incarne aucunement un jeune Billie Joe Armstrong, leur aventure puise pourtant largement dans les souvenirs du groupe. Le film s’inspire notamment des années passées sur la route à une époque où Green Day sillonnait encore les États-Unis en van, bien avant l’explosion de Dookie en 1994. Certaines références sont d’ailleurs particulièrement culte, à l’image de la mythique bataille de boue lors du concert de Green Day au festival Woodstock ’94 rejouée ici par les Analog Dogs. En somme, l’œuvre ne cherche pas davantage à reconstituer cette période. Au contraire, ces histoires vieilles de plus de trente ans sont transposées dans une temporalité contemporaine. Plus que les débuts de Green Day, c’est finalement leur état d’esprit que Lee Kirk a voulu mettre en scène.

Un teen movie punk rock, pour les fans

Derrière NIMRODS se cache avant tout un teen movie doublé d’un road movie. Et sur ce terrain le film fait plutôt bien le travail. Ce n’est certainement pas du grand cinéma, mais le film ne semble jamais prétendre l’être. Amitié, premier amour, décisions plus ou moins douteuses et galères en tout genre rythment le voyage. Le trio fonctionne particulièrement bien et les personnages se révèlent rapidement attachants. L’ensemble reste léger, drôle et surtout très sympathique à regarder. Et si NIMRODS fonctionne sans nécessairement connaître l’histoire de Green Day sur le bout des doigts, il est difficile de nier que les fans disposent d’un niveau de lecture supplémentaire. Tout au long du road trip les références et anecdotes s’accumulent. Là où certaines péripéties feront simplement avancer l’histoire pour le spectateur lambda, les connaisseurs reconnaîtront immédiatement des récits appartenant depuis longtemps à la mythologie du groupe. Également, le film évolue dans la période du Hella Tiny Tour particulièrement réjouissante pour les fans. C’est le pendant miniature du gigantesque Hella Mega Tour (2022), durant lequel Green Day retrouvait l’intimité de petites salles en 2023. Mais Nimrods ne s’arrête pas aux anecdotes. Lorsque Green Day monte sur scène, c’est tout le rituel de ses concerts qui est reproduit à l’écran. Le Drunk Bunny, les incontournables du répertoire, les interactions de Billie Joe Armstrong avec le public ou encore le traditionnel fan invité à jouer de la guitare avant de repartir avec l’instrument et le fameux “You can keep the guitar!“, tout y est. Pour qui a déjà assisté à un concert du groupe, la mécanique est familière.

Toujours attendre la fin du générique

Et c’est finalement là que la séance événementielle prend tout son sens. Sans dévoiler l’issue du périple des Analog Dogs, on peut dire que NIMRODS accorde naturellement une place importante au live. Après le générique, la projection se prolonge avec une quinzaine de minutes supplémentaires consacrées à Green Day sur scène. Une parenthèse live qui transforme alors quelque peu la salle de cinéma en salle de concert. Lors de la projection parisienne à l’UGC Bercy il est difficile de conserver le silence religieux habituellement de mise au cinéma. Une jolie surprise d’autant plus appréciable que la dernière véritable tournée européenne de Green Day remonte désormais à 2024.

Alors, est-ce qu’on vous conseille de découvrir NIMRODS: A Green Day Comedy ? Assurément. Et pour ceux qui l’auraient manqué sur grand écran, NIMRODS: A Green Day Comedy sera disponible en version numérique sur Prime Video dès le 14 septembre. L’expérience se prolonge également en musique avec la bande originale du film disponible dès maintenant sur les principales plateformes d’écoute. Elle réunit bien sûr plusieurs titres de Green Day, mais aussi des morceaux interprétés par les groupes fictifs croisés à l’écran, dont les Analog Dogs, de quoi faire vivre ce groupe au-delà de la fiction.

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Kaithleen Touplain
Historienne de l'art et passionnée de musique rock à mes heures perdues.