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ROCK EN SEINE 2026 – Jour 3 (28/08/26) – Le rock dans tous ses états

Ce vendredi, le soleil se fraie finalement un chemin entre les nuages, juste à temps pour l’ouverture des portes du Domaine National de Saint-Cloud. De la pop fantasque au rock le plus incandescent, la journée promet d’être riche. Et elle tiendra toutes ses promesses, de la mise en bouche à son apothéose !

Kingfishr, une entrée en matière pleine de charme

La journée débute avec les Irlandais de KINGFISHR et leur folk aussi délicate qu’efficace. À mi-chemin entre tradition et modernité, le groupe trouve rapidement le chemin des oreilles des premiers festivaliers arrivés sur le site. Très jolie découverte qu’il nous tarde d’aller amplifier sur les plateformes de streaming !

Biffy Clyro, la fougue écossaise

Il fallait venir tôt pour assister au premier véritable événement de la journée. Les Écossais de BIFFY CLYRO débarquent avec toute la fougue qu’on leur connaît.

Le trio se présente ici en formation élargie, accompagné de plusieurs musiciens, dont deux violonistes. Une configuration qui apporte une richesse supplémentaire à un son déjà particulièrement dense. Entre accalmies plus sensibles et déferlantes de guitares rythmiques, le groupe jongle brillamment avec les contrastes et les émotions.

Petit moment de surprise au passage avec quelques notes de “I Will Always Love You”, hommage inattendu à Dolly Parton.

Les fidèles comme les curieux ne s’y trompent pas. Chaque morceau est accueilli avec chaleur, le public rendant au groupe l’énergie qu’il reçoit. Au centre de tout cela, Simon Neil semble presque transcendé par le moment. Charismatique et intensément habité, le frontman tente quelques mots en français, pour le plus grand bonheur de l’assistance.

Wet Leg, bien plus qu’un “Chaise Longue”

Le duo britannique devenu véritable groupe en aura parcouru du chemin depuis “Chaise Longue”, le titre qui les propulsait sur le devant de la scène en 2021.

Aujourd’hui armées de deux albums, Rhian Teasdale, Hester Chambers et leurs musiciens ont largement de quoi défendre leur place sur les grandes scènes. Leur musique, rythmée et pleine de textures, s’appuie sur des riffs immédiatement reconnaissables et une identité qui ne ressemble à aucune autre.

On aurait peut-être apprécié davantage d’interactions avec le public, mais l’essentiel est ailleurs : la machine WET LEG fonctionne. Les corps commencent à bouger, les têtes à hocher, et lorsque les premières notes de “Chaise Longue” résonnent, une bonne partie de Saint-Cloud se laisse volontiers emporter.

Sparks, la folie douce

Depuis plus de cinquante ans, SPARKS possède un talent rare : celui de faire oublier, le temps d’un concert, les petits soucis du quotidien.

Leur passage à Rock En Seine ne fait pas exception. La pop rock fantasque des frères Mael apporte une touche de légèreté bienvenue à cette journée décidément intense. Russell, au chant, vêtu d’un flamboyant costume rose fluo, participe pleinement à cette atmosphère aussi absurde que réjouissante. Ron, au clavier, dans le rôle théâtral du musicien nonchalant, prolonge cette délicieuse sensation d’étrangeté avec son flegme légendaire. À eux deux, les frères Sparks n’ont besoin de presque rien pour captiver leur public : quelques mimiques, des mélodies imparables et cette capacité intacte à transformer l’absurde en véritable art.

Un set parfaitement calibré, qui fait dessine des sourires sur les visages et pousse les bras à s’agiter en rythme sans la moindre hésitation.

The Black Keys, bienvenue dans l’Ohio

14. Comme le nombre d’albums du duo blues rock. Et comme le nombre d’années écoulées depuis leur dernière apparition à Rock En Seine. Autant dire que les retrouvailles étaient attendues.

Dès leur arrivée sur la Grande Scène, THE BLACK KEYS sont accueillis avec ferveur. La formation venue de l’Ohio est en pleine forme et déroule ses classiques avec l’assurance de ceux qui savent exactement pourquoi le public est venu, à l’image de “Gold On The Ceiling”.

Le duo profite également de l’occasion pour défendre son dernier album, Peaches, mais ce sont évidemment les morceaux les plus emblématiques qui déclenchent les plus fortes réactions.

Mention spéciale à leur reprise à leur sauce de “I Wanna Be Your Dog” des Stooges. L’iconique riff soulève alors Saint-Cloud et rappelle, s’il en était encore besoin, la puissance fédératrice de quelques accords bien placés.

Et pour conclure ? Impossible de faire mieux que “Lonely Boy”. Un final fédérateur, porté par une foule conquise, malgré un mix plus qu’approximatif et quelques passages plus plats dus à une setlist parfois inégale.

Franz Ferdinand, toujours aussi irrésistible

Plus loquace que ses prédécesseurs, Alex Kapranos des FRANZ FERDINAND prend le temps de s’adresser au public régulièrement, dans un français impeccable.

Sur scène, le show est coloré, vivant et porté par une énergie absolument contagieuse. Très vite, Franz Ferdinand transforme son passage en une immense fête collective. Et le plus impressionnant reste peut-être là : les chansons n’ont pas vieilli. De “Take Me Out” à “Love Illumination” en passant par “The Dark Of The Matinée”.

Elles continuent de faire danser, chanter et sauter plusieurs générations de spectateurs avec la même efficacité. Le groupe écossais semble prendre autant de plaisir à les jouer que le public à les entendre. Assurément le set poids lourd du jour, celui qui a mis tout le monde d’accord, du premier au dernier rang.

Nick Cave & The Bad Seeds, la grande messe

Pour conclure cette journée intensément rock, difficile d’imaginer cérémonie plus imposante que celle menée par NICK CAVE & THE BAD SEEDS.

Ce concert marque la dernière date de leur tournée, et dès le premier titre, “Get Ready for Love”, l’Australien refuse toute distance avec son public. Il descend, se promène au plus près des premiers rangs et attrape les mains tendues vers lui. La communion est immédiate.

La formation, particulièrement fournie, déploie un son immense, souligné par un fabuleux trio de choristes gospel. Mais au milieu de cette richesse instrumentale, c’est évidemment Nick Cave qui attire tous les regards. À genoux sur les mains du public, il regagne ensuite la scène en courant avant de se placer derrière son piano, et d’enchaîner avec “From Her To Eternity”.

Pourtant, il ne peut pas résister bien longtemps à l’envie de retrouver ses fans.

Tel un maître de cérémonie face à un public entièrement acquis à sa cause, le chanteur délivre un concert en tension émotionnelle permanente. Sa voix baryton traverse les morceaux tandis qu’il enchaîne les performances presque théâtrales, habité par chaque geste et chaque mot.

Entre rock, blues et gospel, nos oreilles n’ont pas le temps de s’ennuyer. Les chansons les plus transcendantes succèdent aux ballades au piano dans un équilibre fascinant. Chaque musicien semble porté par quelque chose qui le dépasse, et les envolées du violon de l’incroyable Warren Ellis viennent encore accentuer cette impression de vertige.

Mais le plus frappant reste peut-être le silence. Le public écoute religieusement. Même au fond du site, là où l’attention peut parfois se disperser dans un festival, les regards restent tournés vers la scène. Nick Cave n’est pas simplement en train de donner un concert. Il donne une grand-messe rock n’ roll !

Seul au piano, c’est sur “Into My Arms” qu’il clôture plus de deux heures d’émotions contraires. Du haut de ses 68 ans, Nick Cave achève ce marathon scénique avec une énergie qui laisse finalement le public bien plus essoufflé que lui.

Une journée pour rappeler l’ADN de Rock En Seine

De la douceur folk de Kingfishr à la grand-messe émotionnelle de Nick Cave & The Bad Seeds, ce vendredi d’une édition 2026 recentrée sur le rock aura offert un formidable condensé de ce que le genre peut produire de plus varié.

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Albane Toulouse
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