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REZN – Cycles In The Infinite Dream

REZN n’est pas un nom qui revient souvent dans les recommandations. Et pourtant ! Depuis 2016, le quatuor américain évolue dans l’ombre et transgresse les frontières entre les genres. Le 24 juillet dernier, il sort Cycles In The Infinite Dream, son septième album, plus envoûtant et déroutant que jamais. RockUrLife vous guide dans ce voyage cosmique signé REZN.

S’il fallait décrire le son du groupe, on pourrait y trouver un peu de Mastodon, quelques airs d’Alice In Chains, une touche de Deftones, une généreuse dose de delay, une voix éthérée parfois inquiétante et cet ingrédient secret qui fait la signature de REZN. Mais les comparaisons sont toujours réductrices, alors laissons l’album parler de lui-même.

Introspection onirique

Avec Cycles In The Infinite Dream, REZN propose plus qu’une simple collection de morceaux. L’album explore le concept philosophique du subconscient. On divague dans cet espace suspendu entre le rêve et l’éveil, qui prends tour à tour la forme d’un échappatoire et d’une prison mentale dont il est impossible de sortir.

Dès l’ouverture, “Rite Of Passage” ouvre un portail vers un univers intérieur. Le riff de guitare, répété comme un mantra, nous hypnotise avant de déboucher sur un premier refrain majestueux. Le ton est donné : cet album sera aussi sublime que perturbant. La voix de Rob McWilliam, noyée dans le delay, flotte comme un écho à distance et nous entraîne dans les méandres de notre propre esprit.

Cette introduction n’est pourtant qu’un prémice. Très vite, on bascule dans cette zone floue où rêve et réalité se confondent. “Cloudfall”, paralysie du sommeil musical, nous immobilise avec son riff écrasant qui contraste avec les mélodies lumineuses des morceaux précédents. Chez REZN, le royaume des rêves n’a rien d’un refuge rassurant.

Cette beauté étrange prend forme sur la pochette. Magnifique œuvre surréaliste réalisée par Jacques de Beaufort, elle montre une sorte de communion abstraite dont les contours s’estompent à mesure qu’on l’observe. Comme la musique de REZN, elle finit par provoquer un sentiment de malaise, aussi attirant que troublant.

Profondeur musicale 

Si le chant spectral de McWilliam contribue à la profondeur de l’album, REZN nous ensorcelle avec une palette musicale aussi riche que colorée. Spencer Ouellette, multi-instrumentiste talentueux, se fait remarquer avec son solo de saxophone décadent sur “Transient”, mais aussi avec les nappes de violon cinématographiques de “Devotion”. On tient ici la bande-son d’un sommeil agité où se croisent terreur, nostalgie, émerveillement et béatitude.

L’instrument qui nous plonge réellement dans le monde de Morphée est la “lap steel guitar“. Cette guitare jouée à plat produit des sonorités aériennes charmeuses que l’on retrouve sur “Escher”, un interlude lumineux qui offre une respiration au cœur de cette descente dans le subconscient.

Des contrastes mouvants  

Cycles In The Infinite Dream rappelle parfois la descente de Dante et Virgile à travers les 9 cercles de l’Enfer dans La Divine Comédie. Ici aussi, on progresse à travers 9 étapes. Chaque morceau nous entraîne un peu plus loin dans les profondeurs de la psyché.

On oscille constamment entre beauté et malaise, légèreté et pesanteur. “The Vessel” l’illustre parfaitement, avec son riff colossal qui entre en collision avec un refrain céleste. Même constat sur “Primal Thread” et la ligne de basse grunge de Phil Cangelosi, qui s’ouvre sur un groove mélancolique avant d’exploser dans une puissance dévastatrice.

Mais le voyage s’achève sur un climax grandiose : “Terra Preta”. Une odyssée de plus de sept minutes façon Pink Floyd. Le calme revient progressivement, comme si l’on retrouvait une forme d’apaisement mélancolique. Les mélodies lumineuses nous enveloppent, mais la batterie de Patrick Dunn conserve une puissance abyssale. L’album nous ramène peu à peu vers son point de départ, refermant la boucle de ce cycle de rêves infinis.

Avec Cycles In The Infinite Dream, REZN ajoute une nouvelle pierre à l’édifice du space rock psychédélique, sans jamais renoncer à la lourdeur. Avec une identité sonore unique, un univers hors du temps et un sens de la narration mystique, le groupe livre un chef-d’œuvre à consommer sans modération, qui saura accompagner vos rêves les plus fous.

Informations

Label : Sargent House
Date de sortie : 24/07/2026
Site web : www.rezn.band

Notre sélection

  • Primal Thread
  • The Vessel
  • Transient

Note RUL

 4,5/5

Ecouter l’album

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Lucie Allet
Tombée dans la marmite dès mon plus jeune âge, j'explore les mille et une facettes du metal : du glam au death, en passant par le stoner et le thrash, rien ne m'échappe !