
Troisième journée à Clisson, et la fatigue commence à se lire sur les visages. La chaleur, elle, ne faiblit toujours pas, poussant les festivaliers à multiplier les pauses entre deux concerts tout en continuant d’affluer devant les scènes principales. Le festival doit également composer avec plusieurs changements de dernière minute après les annulations de Static-X, Volbeat, Cavalera Chaos A.D. ou encore Tom Morello, obligeant l’organisation à revoir une partie de sa programmation. Malgré ces ajustements, l’affiche du samedi reste particulièrement dense, mêlant découvertes, retours très attendus et véritables institutions du metal.
Slay Squad (Mainstage 1)
La journée débute devant une Mainstage encore clairsemée avec SLAY SQUAD. Le collectif californien mêle hardcore, trap, metal et électronique dans une proposition aussi frontale que débridée. Porté par deux chanteurs principaux, une basse omniprésente et des séquences électroniques qui peinent parfois à trouver leur place dans le mix, le groupe affiche une énergie constante sans toujours parvenir à maintenir l’attention sur la durée. Si l’ensemble manque encore de nuances, la générosité de la prestation ne fait aucun doute et permet de lancer cette troisième journée sur des bases particulièrement musclées
Vigljos (Temple)
Sous la Temple, changement complet d’univers avec VIGLJOS. Les Suisses proposent une plongée dans un black metal médiéval particulièrement soigné, où chaque détail participe à l’immersion.
Masques d’apiculteurs en paille, longues robes blanches, pieds nus, encensoir sculpté en forme d’abeille : le décorum intrigue immédiatement les curieux venus découvrir cette jeune formation. Derrière cette esthétique singulière, le groupe déroule pourtant un black metal dense et atmosphérique, porté par les morceaux de Tome II – Ignis Sacer.
Une découverte atypique qui rappelle que le Hellfest reste aussi un formidable terrain d’exploration pour les formations les plus confidentielles.
Insanity Alert (Mainstage 2)
Il suffit de quelques minutes pour comprendre que INSANITY ALERT ne se prend jamais totalement au sérieux. Les Autrichiens débarquent avec leur crossover thrash survitaminé, menés par un Kevin “Heavy Kevy” Stout aussi bavard qu’infatigable.
Entre deux morceaux, le chanteur multiplie les plaisanteries, lance des pancartes dans le public et encourage sans relâche les circle pits. L’humour omniprésent ne fait pourtant jamais oublier l’efficacité des compositions, largement influencées par la scène crossover américaine des années 80.
Derrière cette apparente décontraction se cache un groupe parfaitement rôdé, capable de transformer une Mainstage encore en pleine montée en température en immense terrain de jeu.
Thornhill (Mainstage 1)
Pour leur première apparition au Hellfest, les Australiens de THORNHILL misent avant tout sur leur musique. Sans scénographie imposante, le quintette s’appuie sur la présence de Jacob Charlton et sur des compositions qui assument pleinement l’évolution amorcée avec Bodies.
Le groupe puise largement dans ce dernier album avec “Diesel”, “Revolver”, “Silver Swarm”, “Tongues” ou encore “Obsession”. Les samples viennent soutenir certaines parties vocales sans jamais prendre le dessus, laissant respirer un metal alternatif massif où l’influence de Deftones affleure régulièrement.
Très à l’aise face au public, Jacob Charlton multiplie les échanges avec une foule déjà particulièrement réceptive. Une première au Hellfest parfaitement maîtrisée qui confirme le changement de dimension du groupe.
Combust (Warzone)
La Warzone retrouve ensuite ses habitudes avec COMBUST. Les New-Yorkais ne révolutionnent peut-être pas le hardcore, mais ils en livrent une interprétation particulièrement convaincante.
Andrew Vacante mène les siens avec une intensité constante tandis que les morceaux de Belly Of The Beast s’enchaînent au milieu de circle pits déjà particulièrement fournis malgré la chaleur.
Entre hardcore new-yorkais traditionnel et riffs plus métalliques, Combust confirme tout le potentiel entrevu sur disque et signe l’une des belles découvertes de cette première moitié de journée.
House Of Protection (Mainstage 1)
Retardé d’une quinzaine de minutes par un problème technique, HOUSE OF PROTECTION refuse pourtant de laisser cette déconvenue gâcher son premier Hellfest. Le duo formé par Stephen Harrison et Aric Improta transforme rapidement ce temps de jeu réduit en véritable démonstration d’énergie.
Stephen Harrison descend rapidement jouer au cœur de la fosse sur “Learn To Forget”, pendant qu’Aric Improta continue d’impressionner par son incroyable activité derrière les fûts… avant de quitter sa batterie pour rejoindre lui aussi le public, grimper sur une plateforme portée par les premiers rangs puis retrouver son kit sans jamais casser le rythme.
En moins de trente minutes, House Of Protection réussit probablement l’un des concerts les plus explosifs de ce début d’après-midi.
Gatecreeper (Mainstage 2)
Les Américains de GATECREEPER prennent ensuite possession de la Mainstage 2 avec une assurance nouvelle. Les gerbes de flammes accompagnent un death metal massif qui semble presque défier la température déjà étouffante.
Toujours solidement ancré dans un death metal old school, le groupe continue néanmoins d’élargir son spectre avec des influences doom plus marquées, déjà perceptibles sur Dark Superstition. Chase H. Mason mène les siens avec sobriété tandis que la fosse répond immédiatement par une succession de circle pits particulièrement animés.
La Mainstage accueille ici un groupe dont la progression ne fait plus beaucoup de doute.
Psychonaut (Valley)
À la Valley, PSYCHONAUT propose une parenthèse beaucoup plus contemplative. Le trio belge déroule un post metal aussi massif que mélodique, où les longues lignes de basse répondent aux envolées de guitare.
Les morceaux de World Maker trouvent naturellement leur place aux côtés de titres plus anciens, avec notamment “Endless Currents” ou “You Are The Sky”. L’émotion atteint son sommet lorsque les trois musiciens se rejoignent au centre de la scène à la fin du concert pour une accolade qui en dit long sur l’importance de cette première participation au Hellfest. Une prestation sincère et particulièrement immersive.
Sidilarsen (Mainstage 1)
Initialement appelé pour remplacer Static-X, puis finalement replacé à un horaire plus favorable après l’annulation de Tom Morello, SIDILARSEN profite pleinement de cette opportunité.
Neuf ans après son dernier passage sur une Mainstage, le groupe toulousain retrouve Clisson devant une foule nettement plus conséquente. Dès “Comme On Vibre”, l’énergie est immédiate. Didou et Viber multiplient les interactions tandis que les écrans prolongent efficacement l’univers visuel des morceaux.
Toujours fidèle à ses convictions, Sidilarsen profite également de “Adelphité” pour adresser un message de solidarité envers les femmes et les victimes de violences, rappelant que le Hellfest doit rester un espace sûr pour toutes et tous. Entre engagement, refrains fédérateurs et une énergie communicative, les Toulousains signent une prestation particulièrement réussie qui confirme leur place parmi les valeurs sûres de la scène française.
Crisix (Mainstage 2)
Après près de deux ans loin des scènes, CRISIX retrouvait enfin le Hellfest avec une mission délicate : prouver que cette pause n’avait en rien entamé son énergie, tout en présentant une nouvelle direction musicale portée par “Fast Music”. Les Catalans assument désormais une identité plus hybride, où leur crossover thrash historique vient flirter avec des influences électroniques beaucoup plus marquées. Un virage qui pouvait surprendre sur le papier, mais qui prend immédiatement tout son sens en live.
Sous un soleil toujours aussi écrasant, le groupe refuse pourtant de lever le pied. À peine le concert lancé, les premiers circle pits apparaissent déjà devant la Mainstage 2. BB Plaza, véritable pile électrique, traverse la scène sans relâche avant de quitter les planches pour rejoindre directement la fosse et ce retrouver a jouer de la guitare au milieu d’un circle pits. Une séquence qui fait instantanément grimper l’intensité d’un public déjà entièrement acquis à la cause des Espagnols.
Malgré la chaleur, personne ne semble vouloir ralentir. Le publique est au rendez vous, au rythme des pogos et circles pits les sourires se multiplient jusque sur scène, et ce retour prend rapidement des allures de célébration collective.
Pour un groupe qui revenait d’une longue parenthèse, difficile d’imaginer meilleur moyen de rappeler qu’il reste l’une des formations les plus explosives de la scène crossover actuelle.
Bâtards du roi (Purple Stage)
Nouvelle venue de cette édition, la Purple Stage attire rapidement les curieux. Derrière sa structure grillagée inspirée des cages de combat, Les BÂTARDS DU ROI proposent un black metal médiéval qui tranche autant par son esthétique que par son approche musicale.
Entièrement masqués, les Orléanais transforment leur concert en véritable rituel. Les chants en français, loin d’être anecdotiques, renforcent l’identité du groupe tandis que les percussions résonnent contre les parois métalliques de la scène. Malgré une chaleur étouffante sous cette structure fermée, les musiciens ne ralentissent jamais le rythme.
L’ambiance monte progressivement jusqu’à voir plusieurs circle pits s’organiser autour de la cage elle-même, sous les yeux d’un public de plus en plus nombreux. Une belle réussite pour une scène qui trouve rapidement sa place dans le paysage du festival.
Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs (Valley)
Retour dans la fournaise de la Valley avec les Britanniques de PIGS PIGS PIGS PIGS PIGS PIGS PIGS. Dès leur entrée en scène sur “For Those About To Rock” d’AC/DC, le ton est donné.
Matt Baty mène les siens avec une décontraction toute britannique, plaisantant rapidement sur une chaleur à laquelle les musiciens de Newcastle sont loin d’être habitués. Derrière cette autodérision permanente se cache pourtant une véritable démonstration de sludge et de stoner, où les riffs épais semblent gagner encore en lourdeur sous le soleil.
Au fil du concert, la Valley se transforme peu à peu en étuve, renforçant presque naturellement l’atmosphère moite et hypnotique du groupe. Après une ultime plaisanterie annonçant une improbable reprise de Limp Bizkit, le groupe conclut finalement sur un monumental “Toecurler”, refermant l’un des sets les plus singuliers de la journée.
Enhancer (Mainstage 1)
Difficile d’imaginer une réunion de famille plus bruyante. Dix-huit ans après Désobéir, ENHANCER retrouve une Mainstage du Hellfest avec une envie de faire la fête qui saute immédiatement aux yeux.
Dès “Electrochoc”, David Gitlis, William Bastiani et Toni Rizzotti parcourent la scène dans tous les sens, retrouvant une complicité intacte malgré les années. Le son reste parfois un peu brouillon, mais l’énergie communicative du groupe fait rapidement oublier les quelques imperfections techniques.
Les surprises s’enchaînent ensuite à un rythme effréné. Nico de The Arrs rejoint la formation sur “Hardcore Version Dancefloor” avant d’annoncer le retour de son groupe. David Gitlis descend ensuite au cœur de la fosse pendant “Street Playground”, où il se retrouve littéralement encerclé par un immense circle pit.
La véritable explosion intervient pourtant avec l’arrivée de JoeyStarr. Le rappeur enchaîne plusieurs classiques de Suprême NTM dans une ambiance totalement irréelle avant de laisser place à un autre moment fort : les retrouvailles de la Team Nowhere. Mark Maggiori, Benoît Julliard et Fred Ceraudo montent sur scène pour accompagner “United Nowhere” et “Ce soir c’est grand soir”, annonçant au passage le retour de Pleymo en 2027.
Entre nostalgie assumée et énergie intacte, Enhancer transforme cette fin d’après-midi en immense célébration. Bien plus qu’un simple concert, une véritable réunion de famille qui restera parmi les grands moments de cette édition.
God Is An Astronaut (Valley)
Direction la Valley pour un tout autre voyage. Les Irlandais de GOD IS AN ASTRONAUT offrent une respiration bienvenue au milieu de cette journée particulièrement intense.
Leur post-rock instrumental déploie toute sa richesse sur des morceaux comme “All Is Violent”, “All Is Bright”, “Suicide By Star” ou “Odyssey”. La présence de la violoncelliste Jo Quail apporte une dimension supplémentaire à des compositions déjà particulièrement évocatrices, dont les longues montées en puissance contrastent avec la brutalité omniprésente des autres scènes.
Si le contexte d’un festival et la chaleur rendent parfois l’écoute plus difficile, le groupe parvient malgré tout à créer une véritable parenthèse contemplative. Une prestation délicate et élégante qui confirme l’identité unique de la formation irlandaise.
Anthrax (Mainstage 2)
ANTHRAX n’a plus grand-chose à prouver. Pourtant, cinquante ans après sa création, la formation new-yorkaise continue de défendre son héritage avec une énergie qui force toujours le respect.
Scott Ian et Joey Belladonna ne mettent que quelques secondes à embarquer la Mainstage grâce à “Among The Living”. Malgré l’absence de Charlie Benante, remplacé une nouvelle fois par Darby Todd, le groupe conserve toute sa puissance de frappe.
“Madhouse”, “Caught In A Mosh”, “Keep It In The Family” ou encore “Indians” déclenchent immédiatement circle pits et slams à répétition. Scott Ian profite également de l’occasion pour présenter “It’s For The Kids”, premier extrait du prochain album Cursum Perficio, accueilli avec curiosité par le public.
Si la setlist ne réserve finalement que peu de surprises, Anthrax démontre une nouvelle fois pourquoi il demeure l’un des piliers du thrash américain.
A Perfect Circle (Mainstage 1)
Le contraste avec le concert précédent est saisissant. A PERFECT CIRCLE installe immédiatement une ambiance beaucoup plus introspective, portée par une scénographie épurée où quelques plateformes et les différentes déclinaisons du logo du groupe suffisent à habiller la scène.
Toujours aussi discret, Maynard James Keenan reste fidèle à son personnage. Loin des démonstrations spectaculaires, le chanteur préfère laisser parler les compositions de Thirteenth Step et Mer de Noms, interprétées avec une précision remarquable.
“The Package”, “Weak And Powerless”, “Gravity”, “Blue” ou encore “Judith” permettent au groupe de déployer toute la richesse de son univers. Si une partie du public paraît parfois davantage observer que réellement vivre le concert, A Perfect Circle ne cherche jamais à séduire à tout prix. Le groupe impose simplement son atmosphère, offrant une parenthèse presque méditative au cœur de cette journée particulièrement intense.
Kublai Khan TX (Warzone)
À quelques mètres des Mainstages, la Warzone continue de vivre sa propre histoire. Avec KUBLAI KHAN TX, le ton est donné dès les premières secondes : ici, il ne sera question ni de finesse ni de compromis.
Matt Honeycutt mène les Texans avec une autorité naturelle, alternant harangues au public et vocaux abrasifs qui déclenchent immédiatement une succession de circle pits et de slams. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, de “Loyal To None” à “The Hammer”, véritable détonateur d’une fosse déjà totalement acquise à la cause du groupe.
Plus surprenant, “Swan Song” apporte un court moment de respiration, dédié aux femmes présentes dans le public, avant que la machine ne reparte de plus belle jusqu’à “Theory Of Mind”. Entre beatdown, hardcore et groove écrasant, Kublai Khan TX confirme pourquoi beaucoup voient désormais en lui l’un des nouveaux poids lourds de la scène hardcore mondiale.
Megadeth (Mainstage 2)
L’émotion accompagne naturellement l’entrée en scène de MEGADETH. Annoncée comme la tournée d’adieu du groupe, cette série de concerts revêt une dimension particulière, d’autant plus que Dave Mustaine compose désormais avec les conséquences de sa maladie.
Les premiers morceaux mettent rapidement en lumière les difficultés vocales du frontman. Certaines paroles se perdent, la voix se montre parfois fragile, mais jamais l’engagement ne fait défaut. Autour de lui, James LoMenzo, Dirk Verbeuren et surtout Teemu Mäntysaari livrent une prestation irréprochable qui permet au concert de conserver toute son intensité.
“Tipping Point”, “Hangar 18”, “Take No Prisoners”, “Sweating Bullets”, “A Tout Le Monde”, “Symphony Of Destruction”, “Peace Sells” puis “Holy Wars”… “The Punishment Due” rappellent toute la richesse d’un répertoire qui traverse les générations.
Lorsque Dave Mustaine s’attarde quelques instants face au public avant de quitter la scène, difficile de ne pas ressentir une certaine émotion. Malgré les années et les épreuves, Megadeth demeure l’un des derniers géants d’une époque fondatrice du thrash metal.
Limp Bizkit (Mainstage 1)
Il suffit de lever les yeux vers les écrans géants quelques minutes avant le concert pour comprendre que LIMP BIZKIT est venu autant pour jouer que pour s’amuser. QR codes invitant à acheter du merchandising, faux comptes à rebours, montages absurdes et vidéos volontairement kitsch donnent immédiatement le ton.
L’ouverture sur “Faith” surprend une partie du public avant que “Break Stuff” ne fasse instantanément exploser la Mainstage. Fred Durst, fidèle à lui-même, alterne provocations, humour et longues interactions avec la foule. Loin de casser le rythme, ces respirations permettent finalement au public de reprendre son souffle entre deux déferlantes de crowd surfers.
La setlist fait largement la part belle à Chocolate Starfish And The Hot Dog Flavored Water. “My Generation”, “Hot Dog”, “My Way”, “Full Nelson”, “Rollin'” ou encore “Take A Look Around” s’enchaînent dans une ambiance de karaoké géant grâce aux paroles diffusées en permanence sur les écrans. L’apparition de Slay Squad sur “Full Nelson” apporte un supplément de chaos tandis que Wes Borland démontre une nouvelle fois toute sa créativité derrière ses maquillages toujours plus improbables.
Le concert prend une tournure plus émouvante lors de “Behind Blue Eyes”, dédiée à Sam Rivers, bassiste historique du groupe disparu quelques mois plus tôt. Le message “Tu nous manques Sam“ s’affiche alors sur les écrans, rappelant que derrière les plaisanteries permanentes se cache aussi une véritable histoire.
Avant même que le public n’ait le temps de réaliser que le concert touche à sa fin, Limp Bizkit choisit de rejouer “Break Stuff”. Une conclusion aussi absurde qu’efficace, parfaitement à l’image d’un groupe qui semble aujourd’hui assumer pleinement son statut de monument du nu metal.
Hatebreed (Warzone)
Pendant que Limp Bizkit fait chanter la Mainstage, HATEBREED rappelle sur la Warzone pourquoi il demeure une référence absolue du hardcore moderne.
Introduit par “Motörhead” avant d’enchaîner immédiatement sur “I Will Be Heard”, le groupe ne laisse aucun répit à une fosse qui se transforme rapidement en immense champ de bataille. Jamey Jasta conserve cette capacité unique à transformer chaque refrain en cri de ralliement, tandis que “Destroy Everything”, “Perseverance” ou encore “Looking Down The Barrel Of Today” provoquent une succession ininterrompue de circle pits.
Le retour du guitariste Wayne Lozinak, remis d’une lourde opération cérébrale, apporte une dimension supplémentaire à cette prestation. Entre deux morceaux, Jasta adresse également un message de soutien à Lou Koller, chanteur de Sick Of It All, actuellement en lutte contre un cancer, avant de saluer la nouvelle génération incarnée par Malevolence ou Kublai Khan TX.
Même un ballon géant venu s’échouer dans les barbelés de la Warzone ne suffit pas à perturber l’ambiance. Hatebreed continue simplement de faire ce qu’il sait faire depuis près de trente ans : fédérer.
Behemoth (Mainstage 2)
L’annulation de Volbeat aura finalement offert à BEHEMOTH une exposition encore plus importante. Et les Polonais ne mettent que quelques minutes à démontrer qu’ils étaient plus que prêts à assumer ce rôle.
Dès “Shadow Elite”, la scène se transforme en véritable cathédrale infernale. Croix inversées, statues monumentales, flammes, fumée et jeux de lumière accompagnent une production particulièrement impressionnante. Rien ne paraît laissé au hasard.
Mais au-delà du spectacle, c’est surtout l’intensité dégagée par le groupe qui frappe. Nergal semble habité du début à la fin, alternant changements de costumes et harangues théâtrales sans jamais perdre en crédibilité. Autour de lui, Inferno impressionne une nouvelle fois par sa précision chirurgicale tandis qu’Orion profite de “Chant For Eschaton 2000” pour rejoindre les premiers rangs, déclenchant une véritable vague d’enthousiasme.
La setlist puise largement dans The Shit Ov God tout en laissant une place importante aux classiques de la formation. “Ora Pro Nobis Lucifer”, “Conquer All”, “Blow Your Trumpets Gabriel”, “Ov Fire And The Void” ou encore “O Father O Satan O Sun!” prennent une dimension presque cérémonielle dans un décor aussi spectaculaire.
Même un festivalier déguisé en Jésus, venu traverser la fosse en slam, ne parvient pas à briser cette atmosphère si particulière. Au contraire, ce moment d’absurdité typiquement hellfestien semble presque parfaitement s’intégrer au spectacle.
En refermant cette troisième journée, Behemoth confirme une nouvelle fois qu’il figure parmi les formations les plus impressionnantes à voir sur une scène de festival. Un concert total, où la puissance musicale se met constamment au service d’une mise en scène aussi ambitieuse que maîtrisée.
Bilan
Malgré la fatigue qui commence logiquement à s’installer et une chaleur toujours aussi accablante, le Hellfest continue de maintenir un niveau particulièrement élevé. Entre les découvertes de la matinée, les retrouvailles avec Crisix et celles chargées de nostalgie avec Enhancer, les prestations impeccables d’Anthrax ou de Megadeth, l’exubérance de Limp Bizkit et la démonstration de force finale de Behemoth, cette troisième journée illustre une nouvelle fois la richesse du festival. Plus que jamais, Clisson confirme sa capacité à faire cohabiter toutes les générations et toutes les facettes des musiques extrêmes, des formations les plus confidentielles aux têtes d’affiche internationales, sans jamais perdre ce qui fait son identité depuis près de vingt ans.





