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FOO FIGHTERS @ Paris La Défense Arena (19/06/26)

Pour leur unique date française du Take Cover Tour 2026, Dave Grohl et sa bande avaient rendez-vous avec près de 40 000 spectateurs à Paris La Défense Arena. Une rencontre qui aura tenu toutes ses promesses.

Inhaler

Dès 19 heures c’est au tour d’INHALER d’ouvrir les festivités. Le groupe irlandais emmené par Elijah Hewson n’est plus vraiment inconnu. Fort de trois albums salués par la critique et d’une réputation scénique déjà bien établie, le quatuor débarque pourtant face au défi de taille de conquérir une salle encore clairsemée. Les premières minutes sont forcément délicates. Le son manque parfois de précision et la communication avec le public reste relativement limitée. Mais difficile de leur en tenir rigueur lorsque l’on connaît les dimensions démesurées de La Défense Arena. Peu à peu, les gradins se remplissent et l’ambiance se réchauffe.

Portés par des titres fédérateurs comme “Love Will Get You There”, “My Honest Face” ou encore “It Won’t Always Be Like This”, les Irlandais démontrent une nouvelle fois leur savoir-faire. Les refrains accrocheurs et l’énergie déployée sur scène rappellent rapidement pourquoi ils sont aujourd’hui considérés comme l’un des groupes les plus prometteurs de leur génération. Si une partie de l’assistance demeure encore dans l’attente du plat principal, Inhaler s’en sort avec les honneurs.

Foo Fighters

“Do you know rock’n’roll?”

À 20h30 précises, les lumières s’éteignent enfin. Quelques secondes plus tard, les FOO FIGHTERS surgissent sous les acclamations et Dave Grohl lance à la foule une question aussi simple qu’efficace :Do you know rock’n’roll?” La réponse ne se fait pas attendre. Les Foo Fighters démarrent pied au plancher avec une succession de tubes (“All My Life”, “The Pretender”, “Time Like These”, rien que cela) qui transcendent immédiatement l’auditoire. Les premiers rangs explosent, les gradins se lèvent d’un seul homme. La machine est lancée et ne ralentira pratiquement plus pendant les trois heures qui suivent.

Comme souvent avec les Foo, la maîtrise est totale. Chaque riff semble déclencher une réaction en chaîne dans l’audience, tandis que Dave Grohl alterne entre frontman survolté et maître de cérémonie particulièrement bavard avec l’assemblée. En effet, l’ancien de Nirvana à des choses à dire. Il contextualise les titres (notamment “This Is A Call” qui fêtait ses 31 ans de sortie en France ce jour, ou encore “Marigold” titre initialement écrit pour une face-b du single “Heart-Shaped Box” de Nirvana) et en dédies certains à des figures importantes tant dans la symbolique comme “No Son Of Mine” dédiée à Lemmy Kilmister de Motorhead. Avec une setlist de vingt-huit chansons, les Foo Fighters ne sont finalement pas là pour défendre leur actualité Your Favorite Toy (dont seulement deux titres sont joués, “Caught In The Echos” et le titre éponyme) mais bien pour célébrer l’ensemble de leur parcours. Pendant près de trois heures, le groupe déroule ainsi un impressionnant condensé de trois décennies de carrière naviguant avec aisance entre classiques incontournables et raretés appréciées des fans.

Le fond plutôt que la forme ?

S’il fallait toutefois émettre une réserve sur cette soirée, elle concerne davantage la forme que le fond. Dans un écrin aussi démesuré que Paris La Défense Arena, nous sommes désormais en droit d’attendre un minimum d’ambition scénographique pour habiller un espace aussi colossal. Les Foo Fighters ont fait le choix inverse, celui d’une scène relativement classique, une avancée utilisée seulement le temps d’une séquence acoustique en milieu de concert, avec un groupe qui passe l’essentiel du set positionné en fond de scène. Certes, l’efficacité de la formation américaine rappelle qu’une présence scénique solide et un catalogue de tubes peuvent largement suffire à faire vivre un spectacle. À une époque où les productions rivalisent d’effets visuels et de dispositifs spectaculaires, il est même parfois rafraîchissant de revenir à quelque chose de plus authentique. En revanche, un point demeure plus difficile à comprendre concernant le traitement réservé aux écrans géants. Traversés en permanence par des bandes lumineuses horizontales, ceux-ci offrent une visibilité très limitée de ce qui se déroule sur scène. Pour les spectateurs installés dans les catégories les plus éloignées, (parfois à plus de cent euros la place !), ces écrans constituent pourtant un élément essentiel de l’expérience. Lorsque même cet outil d’immersion devient partiellement inutilisable, la frustration est légitime. Rien qui ne remette en cause la qualité du show, mais un élément suffisamment important pour laisser un léger goût d’inachevé dans une production de cette ampleur.

Archives

L’un des moments les plus marquants survient lors de “These Days” lorsque des milliers de téléphones illuminent progressivement la salle. En quelques secondes, Paris La Défense Arena se transforme en une immense constellation lumineuse. Visiblement impressionné par l’accueil réservé au groupe, Dave Grohl n’hésite pas à qualifier la soirée de plus grand concert jamais réalisé en France, déclenchant évidemment une nouvelle ovation. Au milieu du set, le groupe délaisse la scène principale pour investir l’avancée. Tous les musiciens rejoignent le frontman pour une séquence plus dépouillée qui permet de casser le rythme tout en rapprochant la formation de ses fans. Le moment offre plusieurs respirations bienvenues et permet également de revisiter certains morceaux sous un angle différent. L’impression d’assister à un concert dans un format beaucoup plus réduit s’installe alors, malgré les dizaines de milliers de personnes présentes autour. D’ailleurs, Dave Grohl nous offre une interprétation de “Under You” en solo à la guitare tout à fait délicieuse pour les yeux et les oreilles. Sans aucun doute le moment le plus fort du spectacle.

Enfin, comme une sorte de rituel, la présentation de la formation et le moment propice d’offrir à chacun l’occasion de sortir brièvement de son rôle pour occuper le devant de la scène. Plutôt que de simplement énumérer les noms de ses compagnons de route, Dave Grohl choisit une approche bien plus originale. Chaque musicien est introduit à travers un morceau issu de son passé, de leurs anciens groupes, accompagné d’images d’archives diffusées sur les écrans géants. Chris Shiflett, Nate Mendel, Rami Jaffee, Ian Rubin et Pat Smear voient ainsi leurs parcours respectifs mis à l’honneur. Une façon particulièrement intelligente de raconter l’histoire du groupe tout en mettant en lumière les influences extrêmement diverses qui composent aujourd’hui l’ADN des Foo Fighters.

Un final à la hauteur de la légende

Au terme d’un concert généreux de trois heures (!) maîtrisé, les Foo Fighters quittent la scène comme ils y sont entrés, en rappelant pourquoi ils demeurent l’un des plus grands groupes live de leur époque. Le set se clôture sur le morceau phare “Everlong” reprit à l’unisson par l’Arena toute entière. Dave Grohl et ses compagnons continuent ainsi de défendre une idée simple du rock avec des riffs, de l’énergie et une sincérité désarmante.

Foo Fighters Setlist Paris La Défense Arena, Nanterre, France, Take Cover 2026

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Kaithleen Touplain
Historienne de l'art et passionnée de musique rock à mes heures perdues.