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Cover Story #41 : System Of A Down – Toxicity


Septembre 2001. Une date à jamais gravée dans la mémoire collective. Quelques jours avant que les attentats du 11 septembre ne plongent le monde dans une nouvelle ère de terreur, System Of A Down sort l’album qui va définitivement changer son destin : Toxicity. RockUrLife revient sur la cover de ce disque mythique.

L’album

Considéré par beaucoup comme l’un des plus grands albums de tous les temps, Toxicity marque durablement le début des années 2000. Avec ce deuxième opus, System Of A Down élargit considérablement son spectre musical. Les mélodies gagnent en importance, la voix de Serj Tankian révèle toute son amplitude et les influences traditionnelles arméniennes s’invitent dans les compositions. Plus que jamais, System Of A Down est inclassable.

25 ans après sa sortie, une chose est sûre : Toxicity enchaîne les hits. De “Chop Suey!” à “Aerials” en passant par “ATWA”, “Toxicity” ou “Psycho”, le groupe perfectionne sa formule : des rythmiques imprévisibles, des textes aussi absurdes qu’engagés et des refrains que l’on continue de crier à pleins poumons.

L’artiste

Si Toxicity marque les esprits, c’est aussi grâce au travail de Mark Wakefield. Avant de se tourner vers le graphisme et le management, il fait partie de Xero, groupe qui deviendra quelques années plus tard Hybrid Theory puis Linkin Park. Après son départ, Wakefield accompagne notamment la carrière de Taproot. Mais son nom reste surtout associé à la création de la cover de Toxicity.

La cover 


Ce symbole, on le connaît tous. Les immenses lettres blanches d’Hollywood, symbole du rêve américain, de la célébrité et du glamour made in USA. Depuis 1923, elles trônent sur les collines du Mount Lee et incarnent à elles seules toute une mythologie.


En s’appropriant cet emblème mondialement reconnu, System Of A Down ne signe pas une simple parodie. Le quatuor détourne l’un des symboles les plus emblématiques des États-Unis pour en faire une nouvelle icône de la culture metal. Un choix loin d’être anodin. Originaire de Los Angeles, le groupe renforce son ancrage dans la scène américaine tout en s’offrant une bonne dose de provocation.

Pourtant, la pochette que nous connaissons aujourd’hui a bien failli ne jamais voir le jour. À l’origine, l’album devait s’intituler simplement 2 et sa couverture devait représenter la porte n° 2 du studio où il a été enregistré. Mais Shavo voyait les choses autrement. Le déclic naît lorsque Wakefield réalise une bannière web du logo du groupe sous la forme des célèbres lettres hollywoodiennes. L’idée est simple : transformer ce concept en un visuel réaliste. Le reste appartient à l’histoire.

Excellent coup de comm’ ou provocation pure ? Sans doute un peu des deux. Toujours est-il que le groupe a dû payer près de 20 000 dollars à la Chambre de Commerce d’Hollywood afin d’obtenir les droits nécessaires à l’utilisation de l’image.

Des rumeurs laissent entendre que pour réaliser cette cover, les vraies lettres hollywoodiennes auraient été remplacées par celles de System. Malheureusement, ça n’a jamais été le cas (mais imaginez en vrai… ça aurait été énorme). Wakefield a simplement utilisé Photoshop pour réaliser l’illusion. Un filtre jaune verdâtre confère un aspect toxique au tout… et voilà. Toxicity en une image.

Derrière son apparente simplicité, cette pochette résume à elle seule l’essence de Toxicity. En détournant un symbole du rêve américain, System Of A Down questionne les dérives d’une société que le groupe n’a jamais cessé de critiquer : violences policières, incarcération de masse, destruction de l’environnement ou encore manipulation politique. Des thématiques qui résonnent encore fortement aujourd’hui.

Toxicity, c’est un monument de l’histoire du metal. C’est un album qui traverse les générations et qui continue de fédérer sans prendre une ride. Et sa pochette, bien plus subtile qu’il n’y paraît, est devenue aussi emblématique que les chansons qu’elle renferme.

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Lucie Allet
Tombée dans la marmite dès mon plus jeune âge, j'explore les mille et une facettes du metal : du glam au death, en passant par le stoner et le thrash, rien ne m'échappe !