
Avant l’ouverture des portes du Hellfest, il y a déjà un rendez-vous que beaucoup de festivaliers ne manqueraient pour rien : le Hellfest Le OFF. Installé sur le parking du Leclerc de Clisson, cet événement gratuit est devenu au fil des années un véritable point de rencontre entre musique, découverte et esprit de communauté.
Pour en parler, nous avons rencontré Marc-Antoine, directeur du Leclerc de Clisson, et Alexandre Saba, label manager chez M&O Music et agent relations publiques chez M&O Office Agency. Ensemble, ils reviennent sur les coulisses du OFF, son évolution et ce qui fait aujourd’hui son identité unique.
Alors on va commencer par la question organisation et logistique du coup. Alors comment se prépare concrètement l’organisation du OFF Hellfest ? Et à partir de quand vous commencez à travailler dessus ?
Marc Antoine : On travaille toute l’année dessus. On n’est jamais les rois de la super organisation et de l’agenda tenu. On essaie de commencer en septembre.
Et combien de personnes travaillent sur le projet ?
Marc Antoine : Donc il y a Alex déjà. Alex et Méo. Et puis sur le magasin, on est à peu près trois en continu. L’équipe augmente après au fur et à mesure de l’approche du festival. Mais sur toute l’année, on est, alors quatre avec la personne qui s’occupe de la déco. Pas à plein temps, mais à travailler dessus toute l’année.
Alexandre : On voit tous les quatre. À voir les infos, les détails. Mais après, effectivement, il y a tout le magasin qui se met après le jour J.
Marc Antoine : Contrairement à Alex, c’est vrai que nous, ce n’est pas notre métier de base. La musique et l’événementiel, donc c’est entre autres notre responsable com qui s’en occupe un petit peu tout au long de l’année. Nicolas, qui est lui responsable non alimentaire du magasin. Il fait le fil conducteur avec moi. Et puis, on avait Vincent aussi, qui s’occupe lui plus de la déco et de la théâtralisation du magasin.
Est-ce que vous avez dû convaincre des partenaires ou des institutions pour le début du projet ? Ou est-ce que ça s’est imposé naturellement ?
Marc Antoine : Alors, en fait, l’histoire du magasin avec le festival date depuis les débuts, puisqu’on est mécène depuis 2006. On a participé dès la première année, une fois que Ben Barbaud est revenu sur Clisson avec Yohann. Ils ont frappé un petit peu à toutes les portes du vignoble une fois qu’ils sont revenus du Fury Fest et de la panade qui leur est arrivée au Mans. Donc, l’histoire avec le festival date de ce moment-là. Et on a essayé, avec le magasin, non seulement d’accompagner le festival, mais aussi d’accompagner les festivaliers et puis d’avoir une fusion au fur et à mesure avec le festival. Et que le festivalier retrouve un petit peu tout ce qu’il y a sur le site, qu’il retrouve aussi en magasin. Donc, en fait, de fil en aiguille, on a eu pratiquement les mêmes partenaires que le festival. Donc, sur les premières années, quand on a commencé en 2014 avec, je ne sais pas comment on peut appeler ça, avec une carriole. (rires)
Alexandre : Avec des palettes. (rires)
Marc Antoine : (rires) Des palettes, une carriole et une caissette. Quand on a fait ça la première année, les partenaires historiques du magasin, dont une partie des partenaires du Hellfest, étaient déjà présents et tout le monde a signé pour y aller.
C’est plutôt cool. Et à quoi ressemble une journée type pendant le OFF pour vous ?
Marc Antoine : Alex, c’est toi qui commence le plus tôt. (rires)
Alexandre : (rires) Ouais, une journée type. La première journée, c’est vrai qu’on commence assez tôt. On est déjà là la veille même. Moi, j’arrive le lundi, le OFF commence le mardi. Enfin, c’est le mardi et le mercredi. Moi, j’arrive le lundi. Le lundi, on voit toutes les étapes, montage des scènes, etc. Et tous les détails. Mais après, la journée, c’est pour moi, en tout cas pour ma partie, c’est l’accueil des artistes, essayer de garder le timing des groupes pour ne pas qu’il y ait trop de retard, etc. C’est assez chargé. On court un peu partout le jour J.
Marc Antoine : C’est un peu comme un mariage. On l’attend, on y participe et à la fin de la journée, on ne se rappelle plus ce qui s’est passé. Après, sur le magasin, on installe tout le magasin une semaine avant. Et puis, le OFF, on l’installe dès le lundi. Dès le lundi matin, il y a l’installation de toutes les scènes, de la zone bar, tout le merch qui est là aussi toute la semaine vient s’installer le lundi. Certains arrivent le samedi d’avant. Donc, il y a une grosse journée de prépa le lundi et puis après, effectivement, une fois que c’est lancé, le mardi matin, je ne veux pas dire que ça déroule, mais ça s’enchaîne très vite.
Et du coup, vous avez des liens directs avec l’équipe du Hellfest ou vous fonctionnez complètement indépendamment ?
Marc Antoine : Non, on est complètement indépendants. On est complètement indépendants aussi bien sur la programmation, sur nos choix, sur ce qu’on a envie de faire. Il y a quand même une chose aujourd’hui avec laquelle on fait attention et le festival fait attention, c’est que depuis deux ans, on a maintenant Hellfest qui vient chapeauter le OFF. On est passé du OFF à Hellfest Le OFF. Donc, effectivement, dans la communication et dans ce qu’on fait du festival aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du magasin, on fait attention à ce que ce soit en accord avec la communication d’Hellfest et avec leurs lignes directrices aussi.
Alors du coup, c’est des questions un peu plus pour vous, Marc-Antoine, parce que vous êtes le directeur du Leclerc. Comment l’idée est née d’accueillir le Hellfest OFF sur le parking de votre magasin ?
Marc Antoine : La vérité ou pas la vérité ? (rires)
Les deux. C’est ce que vous voulez. (rires)
Marc Antoine : La vérité, c’est venu d’un soir tardif au moment d’un apéro avec l’équipe d’Hellfest en fait.
(rires) Ça arrive toujours comme ça, finalement.
Alexandre : Ouais, les bonnes idées. (rires)
Marc Antoine : Il y avait des bonnes idées, oui. Il y avait notamment Pierre Denis qui était à l’époque avec les War Dogs en groupe et qui gravitait aussi autour d’Hellfest. On discutait et on se disait : les festivaliers sont là. À l’époque, le festival ne commençait que le vendredi. Généralement, les festivaliers étaient là dès le samedi. Ça déambulait un petit peu dans Clisson. Il y avait deux, trois bouffes qui étaient organisées et c’est tout. Et les gens partaient des fois de Clisson, allaient sur la côte ou allaient sur Nantes mais ne restaient pas forcément sur le site. Et les gars, au fur et à mesure de la soirée, ils se sont dit : “pourquoi on ne ferait pas nous, on a un groupe de musique, on connaît des gens sur Nantes, pourquoi on ne viendrait pas faire un concert sur ton parking ?” C’est parti comme ça et le premier concert, c’était Poésie Zéro. C’était le premier qu’on jouait sur le parking. C’était un groupe punk rock de Nantes.
On connait bien oui. (rires) Et du coup, quel impact ça a le Hellfest le OFF sur votre activité que ce soit en termes de fréquentation ou d’image pour votre magasin ?
Marc Antoine : En termes de fréquentation, quand on ne le faisait pas avant ou on le fait maintenant, ça ne change rien sur la fréquentation au niveau du magasin. En termes d’image, je ne sais pas, peut-être auprès des festivaliers, peut-être auprès des Clissonnais. On est le seul magasin en France, si ce n’est pas au-delà même de la France à le faire. Je ne connais pas d’autres magasins qui font ça. Donc oui, effectivement, en image, c’est déconnecté par rapport à ce qu’on peut faire d’habitude ou ce qu’on peut connaître d’un hypermarché Leclerc en France. Après, c’est plus aussi bien pour les Clissonnais que pour les festivaliers. Les Clissonnais ou les gens qui passent, ça leur fait découvrir le métal. Pour certains, c’est presque l’afterwork du mardi soir ou du mercredi soir pendant le festival. Pour d’autres, c’est une clé d’entrée pour découvrir le métal. Pour certains, c’est aussi venir écouter de la musique parce qu’ils n’ont pas eu la chance d’avoir de place pour le festival. Et puis, ça reste comme ce qui se passe à Clisson. Ça reste un mélange entre les festivaliers et les Clissonnais où tout le monde passe un bon moment.
C’est vrai que c’est plutôt sympa.
Marc Antoine : Oui, c’est vrai que dans les commentaires et dans l’image qu’on en tire, c’est plutôt les gens qui sont étonnés de voir un magasin faire ça.
Oui, c’est sûr. Mais on imagine que ça doit vous rajouter une surcharge de travail assez importante par rapport au Hellfest qui amène beaucoup plus de gens sur votre magasin et en plus, il y a ça aussi à s’occuper finalement.
Marc Antoine : Une surcharge de travail, oui. Une pression supplémentaire, c’est indéniable. Et puis après, en surcharge de travail, on arrive à équilibrer parce que pendant le Hellfest, contrairement à ce qu’on pourrait penser, tout le magasin ne fonctionne pas. Il y a des rayons qui sont fermés. Je pense à l’équipe Poissonnerie où on ferme les rayons poissons pendant le Hellfest puisque les festivaliers n’achètent pas forcément de poissons et nos clients ne viennent pas pendant le festival. Et en fait, c’est une répartition après des tâches où l’équipe de la Poissonnerie, l’équipe de la Boucherie ou d’autres personnes aussi comme au culturel vont tenir le bar, vont tenir les consignes. Donc, on répartit un petit peu les personnes.
On va parler un peu plus de programmation et groupes pour le coup. Alors, comment vous sélectionnez les groupes qui jouent au Hellfest Le OFF ?
Alexandre : On reçoit beaucoup de sollicitations. D’année en année, j’en reçois… Enfin, moi, de mon côté, j’en reçois déjà pas mal. Je crois que cette année, on arrive entre 150 et 200. Donc, c’est vraiment pas mal. Donc après, la programmation… Enfin, pour ma part, je regarde beaucoup tous les réseaux sociaux des groupes que ce soit Facebook, Insta, YouTube. Je regarde un peu leur fan base, ce qui se passe autour du groupe quand même. Et puis, bon, on essaye aussi de faire passer des groupes qui ne sont jamais venus ou qui ont, voilà, un projet artistique, un nouvel album, un nouvel EP, etc. Moi, j’aime bien faire une programmation comme ça. Et puis après, tout au long de l’année, on monte une pseudo-programmation. Après, moi, j’en fais part pas mal à Nico. Nico et Dorine. Et puis après, voilà, les choix se font au fur et à mesure. On dit ce qu’on en pense, etc. Et puis, pareil pour les tributes.
Marc Antoine : On a beaucoup de partage. On a aussi… Enfin, tout le monde a aussi un peu des souhaits. Donc, c’est vrai qu’on discute par rapport aux souhaits, par rapport aux envies. C’est bien qu’on soit 4, 3, 4, voire des fois 5 aussi autour de la table parce que chacun a son point de vue, chacun a ses goûts, des sensibilités qui sont différentes. Et puis après, on a aussi une ligne directrice comme dit Alexandre qu’on essaye d’avoir aussi bien pour les groupes. C’est de faire découvrir des groupes. Il faut que les groupes aient des actualités. Il faut aussi qu’on soit… bon, on a un petit peu d’éclectisme dans la programmation. Et puis, il faut aussi qu’on soit rassembleurs, notamment plutôt pour la programmation du soir où on a un public aussi bien de festivaliers qu’un public familial clissonnais. Donc, il faut qu’on puisse aussi contenter tout le monde. Mais en restant avec l’âme de Hellfest Le OFF et avec l’âme de ce qu’on a fait depuis le début.
Alexandre : C’est vrai que c’est intéressant parce que c’est vachement éclectique. Il y a plusieurs styles de métal. C’est assez varié. Tu peux avoir du death metal, tu peux avoir du hardcore, enfin, des trucs plus modernes et des trucs aussi un peu plus rock. Après, c’est vrai qu’il y a des styles de niche qu’on a pu essayer il y a quelques années qui fonctionnent un peu moins au OFF. Mais, en règle générale, c’est assez éclectique.
Marc Antoine : Et puis, essayer d’avoir une programmation quand même. On ne fera jamais du 100 % local et puis, ce n’est pas l’objectif non plus, mais d’avoir une programmation aussi locale parce que c’est aussi notre objectif. On est ancrés dans Clisson et dans le territoire. Donc, avoir des groupes du territoire qui soient proches aussi du magasin.
C’était justement notre deuxième question. C’est très bien. (rires)
Alexandre : Il y en a une dizaine cette année de groupes de la région de Nantes.
Du coup, notre question, c’était ça. Est-ce que vous privilégiez plutôt le local ou alors, c’est vraiment les groupes qui vous contactent et après, vous faites la liste ou peut-être vous contactez-vous de vous-même parce que vous voulez vraiment les voir jouer sur le Hellfest Le OFF ?
Marc Antoine : Alors, il y en a beaucoup qui nous contactent, énormément qui nous contactent. On essaye aussi d’avoir des groupes locaux. Donc, c’est vrai qu’il ne faut pas qu’on fasse baisser la qualité non plus pour certains choix. Et puis, il a pu arriver, c’est vrai Alex, où les uns ou les autres avaient des souhaits et on a pu contacter un ou deux groupes pour qu’ils soient présents ici.
Alexandre : Après, c’est vrai que c’est difficile parce qu’il y en a tellement, une sollicitation de groupes qui est énorme qu’après, il faut que tu trouves la place après parce que c’est, on va dire, il y a 30, 31 groupes. C’est difficile de faire des choix parce que des fois, il y a plein de groupes que moi aussi, j’aime bien et tout. Il faut les faire jouer mais bon, il n’y a pas assez de place. C’est comme ça. De toute façon, tous les festivals y sont confrontés.
Ouais. Il y a toujours un choix à faire.
Alexandre : Oui, il y a toujours des choix à faire mais bon, en plus là, on est plusieurs mais bon, ce qui est intéressant aussi quand, par exemple, moi, j’envoie mon Excel, le document Excel avec les groupes que j’ai sélectionnés qui à mon avis valent le coup. C’est intéressant aussi d’avoir leur avis même s’ils ne sont pas réellement dans le métal mais c’est intéressant d’avoir leur avis parce que ça donne un avis extérieur parce que justement le public du OFF, ce n’est pas vraiment que des metalleux. Donc, c’est pour ça que moi, je suis dedans donc c’est différent et c’est pour ça que l’avis est intéressant. Moi, c’est bien quand il y a 4-5 avis mais effectivement quand il y en a 15… (rires)
Marc Antoine : Il ne faut pas qu’on soit trop autour de la table non plus. (rires)

Est-ce que vous avez déjà eu une pépite qui a explosé après être passée en groupe par exemple qui, du coup, est devenue beaucoup plus populaire après être passée au OFF ?
Marc Antoine : Bah oui, LocomoMuerte quand même. (rires)
Alexandre : (rires) Bah oui, LocomoMuerte, c’est vraiment un exemple hallucinant pour la petite anecdote. Ils étaient passés au OFF… L’année, je ne me souviens plus mais la première fois, ils étaient un peu arrivés comme ça, comme un cheveu sur la soupe. C’était, je crois, vers 11 heures du matin. Ils avaient joué et ils avaient même, à 11 heures, fait un truc énorme, un spectacle. Enfin, tu connais LocomoMuerte au moins de réputation, je pense. Et on les a fait rejouer parce qu’ils méritaient amplement de rejouer et on les avait fait rejouer peut-être vers 18 heures l’année d’après. Et c’était énorme. Enfin, c’était énormissime. Donc, c’est vrai que ce groupe-là, après, bon, ils ont évolué aussi de leur côté et ils ont fait des tournées…
Marc Antoine : Et ils ont fait la Hellstage l’année suivante. Et puis là ils font la Mainstage cette année ouais.
Donc, on peut considérer que c’est aussi un bon tremplin pour les groupes.
Marc Antoine : Oui, oui. Et puis, je pense qu’il y en a… Alors, on n’est pas la porte d’entrée, mais je pense qu’on sait qu’il y a des personnes qui viennent au OFF voir ce qui se passe. Donc, je pense que sans faire rêver les gens ou sans faire rêver les groupes, mais oui, on est peut-être regardés ou les groupes qui passent sont peut-être regardés, écoutés d’une façon différente.
Alexandre : Non, et puis, il y a aussi le fait que ça peut être une porte d’entrée pour le Hellfest, c’est qu’aujourd’hui, le OFF propose quand même des scènes et un son de très, très bonne qualité. Donc, il y a beaucoup de groupes qui… Enfin, ça a circulé dans le milieu depuis deux ans, trois ans, ça a circulé même entre les groupes. Et enfin, moi, je l’ai beaucoup entendu, j’ai eu beaucoup de retours là-dessus. Les groupes ont envie quand même de jouer dans de bonnes conditions et c’est vrai que ça, c’est important. Et c’est vrai qu’ils se disent : “On va jouer à Clisson quand même“.
Marc Antoine : C’est vrai que c’était un souhait au fur et à mesure où les années ont passé. On a commencé en 2014, donc on a commencé effectivement sur des palettes. Après, on a fait ça dans un camion. Après, on a fait ça sur quelques scènes. Mais le souhait, c’était de faire ça aussi avec un partenaire local qui est Mickey Théven qui est juste à côté du magasin et d’avoir de vraies scènes. Il y a une année, on a mis de vraies scènes. L’année d’après, on a augmenté le son. L’année dernière, on a rajouté des lumières même si c’est l’après-midi. Le soir, ça se voit un petit peu mieux. Donc, on essaye d’accueillir les groupes et qu’ils aient un endroit digne de ce nom pour pouvoir jouer. C’est super en tout cas.
Alors du coup, on va parler un peu plus maintenant identité et vision. Quelle est la philosophie du Hellfest Le OFF par rapport au Hellfest officiel ?
Marc Antoine : Alors ça, c’est une question. Hellfest Le OFF, c’est déjà venu totalement par hasard et de façon inattendue. Nous, notre raison d’être, c’est d’être en prémices d’Hellfest. Donc, on restera toujours avant Hellfest. On ne fera pas une semaine. On ne fera pas 15 jours. On fera deux jours. Si au lieu du jeudi, ils avancent au mercredi, on va se poser des questions. Est-ce qu’on fait lundi, mardi ou est-ce qu’on fait que le mardi ? Avant, on faisait deux jours et demi. On faisait mardi, mercredi, jeudi. Ils ont avancé au jeudi. On fait mardi, mercredi. S’ils avancent au mercredi, est-ce qu’on fera que mardi ou lundi, mardi ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, on restera toujours devant. Même si on aimerait faire plus, je pense qu’on est arrivé à un point aujourd’hui de pas de saturation, mais ce sera compliqué de faire plus. Déjà, pour la sécurité et aussi pour la vie du magasin, pour la vie des Clissonnais. Je pense que si on arrive à continuer à perdurer déjà comme on fait, ce sera pas mal. Et de se professionnaliser, ce serait bien aussi. Je ne dis pas qu’on n’est pas professionnels, mais de continuer à monter en gamme et en qualité, ce serait bien.
Alexandre : Moi qui suis là depuis quelques années, j’ai vu le OFF vachement évoluer dans le bon sens. Je crois que j’ai commencé il y a quelques années déjà à participer à la com, à la prog, tout ça. Et j’ai vu une évolution assez importante, surtout depuis 3-4 ans, je crois, à peu près.
Marc Antoine : Oui, quand on a commencé à changer un peu de son et après à changer les scènes et monter d’un cran.
Qu’est-ce qui fait selon vous l’ambiance unique du Hellfest Le OFF ?
Marc Antoine : Les groupes et les festivaliers. Et puis la bonne ambiance et le bon accueil des collaborateurs du magasin.
Alexandre : (rires) Franchement, il y a une bonne ambiance. C’est familial. Surtout, tout au long de la journée, il y a différents moments, mais c’est familial. Tu sens que les gens, maintenant, ils ont pris l’habitude. Le OFF c’est le moment : “allez, je vais boire un coup, on va écouter de la bonne musique, on va découvrir aussi des trucs parce qu’il y a quand même beaucoup de groupes émergents à découvrir, des tributes et c’est toujours sympa“… Tu es avec ta famille ou tes potes, tu écoutes des morceaux connus de tributes, c’est toujours sympa, c’est une bonne ambiance et puis c’est à taille humaine.
Est-ce que vous avez une anecdote marquante ou improbable à raconter depuis la création de ce festival ?
Marc Antoine : Poésie Zéro ? Le premier concert et les premières paroles du premier concert où on s’est dit : ça va être très très long. (rires)
Alexandre : Il n’y a pas de vidéo ? (rires)
Marc Antoine : Je la garde dans mon téléphone la vidéo.
Ah il y a des dossiers. (rires) C’est quand le moment, ou quoi d’ailleurs, qui vous a permis de vous dire que ça valait le coup ?
Marc Antoine : Dès que ça commence on se dit : “ça y est on y est” et quand ça se termine on ne se dit pas que ça valait le coup, on se dit : “Vivement l’année prochaine, on recommence“.
Alexandre : Oui, quand tu vois le résultat, on est toujours contents. À faire c’est super.
Marc Antoine : Oui, quand on voit les images je suis toujours étonné. L’anecdote sur le mariage tout à l’heure ce n’est pas anodin, parce que quand on est dedans on ne voit pas forcément tout ce qu’il se passe… Mais quand on voit les images sur les réseaux et les retours aussi, c’est ça qui fait plaisir et au quotidien dans le magasin les gens qui nous disent merci, qu’ils ont passé un super moment… Les gens qui nous disent : On nous a dit qu’il fallait venir voir parce qu’il se passait des trucs“, ça c’est sympa ouais.
Alexandre : C’est vrai qu’on ne le dit pas souvent… Mais Marc Antoine a parlé de l’équipe du magasin qui en général toute l’année travaille dedans. Et je les vois, ils sont à fond, ils sont contents d’être là, ils participent et ils se donnent quoi ! Donc c’est super, j’aime bien voir ça, c’est des gens qui ne sont pas forcément dans le milieu métal mais bon je suis sûr qu’il y en a plein qui en écoutent mais ils se donnent à fond pour que le festival fonctionne.
Marc Antoine : Il n’y en a pas un qui prendrait des vacances quand c’est le OFF ou le Hellfest. (rires)

On va parler de projection : comment vous voyez l’avenir ? Comment voyez-vous évoluer le Hellfest Le OFF pendant les prochaines années ?
Marc Antoine : C’est ce qu’on disait tout à l’heure, on essaiera de toujours monter en compétence et de faire mieux en qualité aussi bien pour les groupes que pour toutes les personnes qui travaillent autour et pour les festivaliers qui viennent. Maintenant grossir ou grandir ce sera compliqué.
Oui forcément, il y a la limite de territoire.
Marc Antoine : Il y a la limite de territoire, il y a la limite du fait que ce ne soit pas notre métier. On reste aussi un hypermarché, c’est fait sur un parking, il y a des contraintes, il y a de la sécurité, il y a toutes ces choses-là… Donc faisons bien ce qu’on sait faire bien avant de penser à plus grand. (rires)
Est-ce qu’il y a des choses que vous rêveriez de mettre en place mais qui ne sont pas encore possibles ?
Marc Antoine : Notre philosophie c’est d’avoir des groupes émergents, de faire connaître des groupes. C’est vrai que sur une clôture de festival on aurait un groupe connu au moins, je ne vais pas dire régionalement, parce qu’on a déjà des groupes qui sont connus régionalement et il ne faut pas être réducteur. Mais un ou deux groupes nationaux qui viendraient ça pourrait être pas mal.
Alexandre : C’est ça le Hellfest le OFF… Déjà comme il est là c’est vrai qu’au niveau de l’espace je trouve que c’est difficilement modifiable pour agrandir etc., c’est déjà un événement. J’ai des souvenirs même l’année dernière ou l’année d’avant quand je montais parfois sur scène sur les groupes du soir, il y avait quand même une marée humaine, c’était quand même assez hallucinant. C’est vrai que c’est un événement gratuit, il faut le préciser, c’est un événement gratuit.
Et il aura vocation à rester toujours gratuit ?
Marc Antoine : Ah oui, ça restera toujours gratuit c’est sûr, ça restera toujours gratuit. Après, la contrainte aussi de déjà agrandir, ce n’est pas notre objectif et comme je le répète beaucoup, ce n’est pas notre métier. Mais en même temps, on fait cohabiter pendant le festival, pendant le OFF, on fait cohabiter le OFF d’un côté, au milieu, on a nos clients qui sont là, qui sont présents, ou ceux qui viennent faire les courses, et puis on a aussi la troisième partie, c’est que depuis trois ans maintenant, on accueille sur une partie du parking tout le Checking Hellfest, qui nous prend aussi de la place. Donc on a ces trois entités-là à faire vivre sur le même site en même temps, avec toutes les contraintes de flux que ça occasionne, donc ce serait compliqué de faire plus. Mais faisons bien déjà ce qu’on fait bien.
C’est vrai. Et si vous deviez résumer le Hellfest Le OFF en une seule image ou sensation, ce serait quoi ?
Alexandre : Pour moi, c’est l’image que j’ai en tête, derrière le groupe, avec le public devant. J’ai plusieurs images que je pourrais t’envoyer, mais pour moi, c’est ça, le OFF.
Marc Antoine : Celle-là ou celle qui est inversée où on est du toit du magasin et on voit toute la foule devant les scènes.
Pour finir, nous sommes RockUrLife donc question traditionnelle : qu’est-ce qui rock votre life ?
Alexandre : Je travaille dedans, donc tous les jours, je suis baigné là-dedans. (rires)
Marc Antoine : Qu’est-ce qui met du rock ? C’est le OFF qui met du rock dans mon quotidien tous les jours.
Déjà, préparer Leclerc, parce qu’on va souvent au Hellfest, depuis 2012 d’ailleurs, donc on a l’habitude d’aller au Leclerc, forcément, et il est toujours magnifiquement décoré, donc déjà, bravo pour ça, parce que franchement, c’est toujours très beau.
Marc Antoine : Merci, c’est les équipes qui font ça, mais merci, je passerai le message.
Pour nous, c’est tout. Si vous voulez rajouter quelque chose dont vous n’avez pas parlé et que vous auriez voulu parler.
Alexandre : Je rajouterais juste un truc, parce qu’on a parlé de la programmation, de l’équipe émergente et des tributes, mais il y a aussi, cette année, une nouveauté sur le OFF, c’est le moment Kids, le Hellfest Kids OFF. Donc, c’est un moment qui sera de 14h à 16h30 le mercredi. Donc, il y aura un parrain qui est quand même assez important dans ce milieu, justement, c’est Aldebert. Il sera l’animateur de ce moment, il ne sera pas en concert, mais il sera animateur et il fera le monsieur Loyal. Et il y aura aussi deux autres groupes, il y aura Cartoon Machine. Donc, c’est un groupe qui reprend des tubes de Disney, mais en rock.
C’est mignon. (rires)
Alexandre : (rires) Et oui, c’est super intéressant. C’est un groupe qui tourne énormément. Et le deuxième, c’est Ball Breaker. C’est un tribute AC/DC. Voilà, ça marche très bien aussi avec les enfants, AC/DC ça marche bien. Et il y aura aussi Rock’n’Puppet. Rock’n’Puppet, comment on peut expliquer ça ? C’est quelqu’un qui est avec une marionnette et qui fait un show un peu à l’américaine sur les titres connus de métal, etc. Donc, c’est tout un moment Kids qui est nouveau pour le Hellfest Le OFF. Vu que le Hellfest ne fait pas son Hellfest Kids cette année.
Marc Antoine : Oui, en fait, ils ne le font pas cette année. Et un petit peu comme le OFF, c’est venu d’une discussion où ils disaient qu’ils ne le faisaient pas cette année. Et puis, nous, on a dit pourquoi on ne le ferait pas dans ces cas-là ? Ils nous ont dit : “OK, allez-y, on le récupère l’année prochaine, mais faites-le cette année“.
Alexandre : Et c’est vrai que l’idée a été… Au départ, quand j’en parlais avec Nico aussi, je ne savais pas trop comment on allait articuler tout ça. Et puis, au final, il y a un bel engouement, je trouve, autour de cette proposition. Moi, j’ai eu des bons retours. Donc, voilà la petite nouveauté aussi.
Marc Antoine : Avec le tremplin qu’on a fait cette année qui est une nouveauté aussi.

Si vous voulez en parler, allez-y.
Marc Antoine : Le tremplin, ça faisait, je ne sais pas, ça fait au moins trois, quatre ans qu’on en parle, que j’embête Alex, pardon, pour savoir comment on pourrait faire un tremplin, ce qu’on pourrait faire. On a essayé de tourner le truc dans tous les sens. Et puis, on a essayé de faire ça avec des scènes nantaises, mais ce n’est pas toujours évident. Ce n’est pas notre quotidien non plus. Et puis, les scènes nantaises, ça reste aussi loin quand même de Clisson. Et puis, en fait, on travaille super bien tout au long de l’année. On a un très fort partenariat avec le Lycée Charles-Péguy. Ils ont une salle de spectacle. Et une fois, on était encore avec eux autour d’un projet. Et l’idée est venue sur la table. Je ne sais plus pourquoi. On parlait de leur salle, de la Stellar. Et on s’est dit : si on faisait un tremplin avec vous et qu’on faisait ça à la Stellar. Et c’est parti comme ça. Donc, on a réussi à le monter avec eux cette année. Et on continuera l’année prochaine.
Alexandre : C’est toujours intéressant parce que ça implique aussi d’autres intervenants, tout ça. Et puis, ça montre aussi qu’on peut donner la chance à un groupe d’être choisi par un jury, etc. Autre que la programmation classique. Donc, c’est intéressant. Parce que moi, je n’habite pas à Clisson. Je suis à Montpellier. Donc c’est vrai que je ne suis pas sur place, mais c’est bien. Ils ont fait ça avec un jury.
Marc Antoine : Oui, et puis, on a vécu un bon moment. C’était sympa. Il y a eu, je crois, c’est Alex, plus de 130 groupes qui se sont présentés. Alors, on avait dit : “si tu es un groupe local“, certains ont pris la localité très, très grande. (rires)
Alexandre : (rires) Genre la Normandie.
Marc Antoine : (rires) On a eu des locaux belges et suisses aussi.
Ah oui pourquoi pas. (rires) En tout cas, on vous remercie pour votre temps. C’était très agréable.

Site web : LE OFF by Leclerc Clisson






