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Dimmu Borgir – Grand Serpent Rising

Le prophète du black symphonique revient nous conter un nouveau récit obscur avec son 11e album studio, Grand Serpent Rising. Huit ans après son précédent disque, Dimmu Borgir renoue avec ses fondamentaux et propose ce colosse majestueux de 70 minutes à savourer sans modération.

Un voyage mystique 

Bien que Grand Serpent Rising impressionne par sa longueur, le temps semble suspendu pendant l’écoute. Le groupe nous entraîne dans une odyssée sombre au cœur des méandres du renouveau spirituel. Quoi de mieux que l’introduction épique “Tridentium”, rythmée par des crépitements de flammes et des chuchotements cryptiques qui installent instantanément une ambiance rituelle et suffocante.

Ce retour en force s’accompagne évidemment des nappes symphoniques grandiloquentes qui ont forgé l’identité du groupe norvégien. Les orchestrations et les chœurs occupent une place importante dans ce nouvel opus et lui confèrent une dimension cinématographique saisissante, culminant sur “The Exonerated”, dont le refrain explose dans une montée épique.

Des introductions minutieusement travaillées aux ponts plus ambiants, Dimmu Borgir nous plonge dans des ténèbres étroites et étouffantes. Shagrath retrouve une voix caverneuse et malsaine qu’on n’avait plus entendue avec autant de rage depuis longtemps.

Même si le black s’efface parfois au profit du symphonique, certains morceaux restent d’une efficacité dévastatrice. Des titres comme “The Qryptfarer” ou “Phantom Of The Nemesis” distillent des riffs poisseux qui créent une tension claustrophobique, soutenue par les claviers inquiétants de Gerlioz.

Une nouvelle mue 

Avec cet album, le groupe ouvre clairement un nouveau chapitre, notamment grâce à l’arrivée du guitariste Damage (Kjell Åge Karlsen). Ses solos mélodiques et techniques injectent une fraîcheur bienvenue et renforcent le souffle épique de titres comme “Ascent” ou “Repository Of Divine Transmutation”.

C’est aussi l’occasion pour Dimmu Borgir de renouer avec sa langue natale. Pour la première fois depuis 2004, deux morceaux sont en norvégien : “Ulvgjeld & Blodsodel” et “Slik Minnes en Alkymist”. Placés au cœur du disque, ces titres forment une colonne vertébrale sombre et solide qui s’insinue lentement dans l’esprit de l’auditeur.

D’une certaine manière, Grand Serpent Rising est un album conceptuel autour du serpent, allégorie du renouveau et de la transformation. Ce symbole illustre parfaitement la mue effectuée par le groupe en huit ans, faisant suite au départ de Galder en 2024. Derrière cette esthétique occulte, on sent surtout une volonté de revenir aux racines tout en embrassant une approche plus moderne et technique

En plaçant cette idée de cycle au cœur des paroles, l’album se construit lui-même comme une boucle. Le morceau de clôture, “Gjöll”, est un instrumental de 4 minutes qui synthétise l’essence de ce nouveau chapitre, refermant avec majesté le grimoire de ce grand serpent ascendant.

Avec cet album, Dimmu Borgir ne se trahit pas. Fidèle à son héritage, le groupe s’affirme une nouvelle fois comme le pionnier du black symphonique norvégien. En équilibrant riffs incisifs, nappes grandioses et athmophères suffocantes, les Norvégiens signent un retour massif qui risque de faire très mal sur scène.

Informations

Label : Nuclear Blast
Date de sortie : 22/05/2026
Site web : www.dimmu-borgir.com

Notre sélection

  • The Exonerated
  • Respository Of Divine Transmutation
  • Slik Minnes En Alkymist

Note RUL

 4/5

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Lucie Allet
Tombée dans la marmite du metal dès mon plus jeune âge, je l’aime sous toutes ses formes et j’essaie de transmettre sa passion, sa force et sa sincérité dans mes chroniques.