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FEUERSCHWANZ @ Elysée Montmartre (22/03/26)

Entre gros riffs, armures de chevaliers et auto-dérision, le groupe allemand de folk metal Feuerschwanz a enflammé la scène de l’Elysée Montmartre le dimanche 22 mars dans le cadre de sa tournée Knightclub. Accompagnés en première partie de Gavin Dunne, plus connu sous le nom de son projet Miracle Of Sound, les artistes ont transformé la salle parisienne en dancefloor géant, mêlant fête, metal et moments épiques. RockUrLife était présent pour vous raconter cette soirée pas comme les autres.

Miracle of Sound

La première partie était assurée par MIRACLE OF SOUND, projet de l’Irlandais Gavin Dunne qui s’est entouré d’un groupe de musiciens talentueux pour interpréter ses compositions live sur scène. Dès les premières notes, le public répond présent. La soirée s’ouvre avec l’intense “Deceiver”, rapidement suivi de “Gráinne Mhaol, Queen Of Pirates”, porté par une énergie irlandaise fédératrice. Dans la même veine, “Sirona”, premier single de l’album à venir, s’impose avec efficacité, fusionnant atmosphères festives celtiques et puissance metal. On réalise alors à quel point un solo de violon peut électriser la foule – même lorsqu’il est diffusé en bande-son (ce qui reste toutefois un léger bémol…).


Miracle Of Sound alterne habilement entre moments plus festifs (on retient notamment la chanson à boire “SKÅL”) et plus épiques comme “Ode To Fury” et « All As One”. En tournée depuis un an avec cette formation live, le projet affiche une cohésion solide, illustrée un moment notable : Gavin Dunne quitte la scène sur “Whatever Comes Our Way”, laissant ses musiciens défendre seuls le morceau.

Le set s’achève sur “Valhalla Calling”, le morceau le plus emblématique de Miracle Of Sound. Une conclusion grandiose et parfaitement choisie, d’autant plus que Feuerschwanz en propose sa propre reprise – une transition idéale pour accueillir la tête d’affiche de la soirée.

Feuerschwanz

C’est parti pour les chevaliers déjantés de FEUERSCHWANZ ! Les leaders du groupe, Ben et Hauptmann Feuerschwanz, font leur entrée en scène affublés d’armures de chevaliers délicieusement caricaturales. Ici, aucune prétention à l’exactitude historique : on est là pour s’amuser !

Feuerschwanz ouvre les hostilités avec “Drunken Dragon”, un titre qui coche immédiatement toutes les cases : refrains fédérateurs, guitares massives et cornemuse déchaînée. L’enchaînement ne laisse aucun répit, et l’on comprend rapidement que la setlist est composée de tubes. Le groupe assume pleinement une approche presque pop dans l’efficacité de ses compositions, avec des morceaux taillés pour rester en tête. “Bastard von Asgard”, “Name der Rose” ou encore “Testament” en sont des exemples frappants et séduisent par leur efficacité immédiate.

Boîte de nuit version chevaliers

L’iconique “Knightclub” pousse ce goût pour la fête et le second degré à son paroxysme. Si le morceau éponyme de la tournée n’a pas permis à Feuerschwanz de se qualifier pour représenter l’Allemagne à l’Eurovision 2025, il est en revanche totalement adopté par le public. À tel point qu’on en viendrait presque à regretter que cette boîte de nuit version chevaliers n’existe pas réellement…

Voyage au cœur des univers imaginaires

Mais les chevaliers ne sont pas les seuls à être célébrés ce soir-là : vikings, pirates, nains ou encore Hobbits peuplent cet imaginaire foisonnant. Sans recourir à une pyrotechnie spectaculaire, le show n’en reste pas moins immersif et captivant. Une réussite en grande partie portée par les deux danseuses, les “shieldmaidens”, qui accompagnent les musiciens avec des chorégraphies soignées et des accessoires marquants. On retiendra notamment les éventails prolongés de tissus évoquant des flammes sur “Ultima Nocte », renforçant encore l’aspect théâtral du show.

Vers la fin du set, Ben, le Hauptmann et la violoniste Johanna investissent une petite scène à l’arrière de la salle pour proposer un medley acoustique revisitant plusieurs titres emblématiques du groupe. Un moment plus intime qui renoue avec les racines de Feuerschwanz, lorsque les Allemands évoluaient encore dans un registre plutôt folk humoristique.

Entre esprit festif et auto-dérision

Pour clore le set principal, le choix du morceau a fait l’unanimité. C’est une évidence : quel titre pourrait mieux combler une salle de metalleux aguerris, en quête d’hymnes épiques à reprendre en chœur, que… “Dragostea Din Tei » d’O-Zone ?”! Avec son bateau gonflable sur lequel l’une des danseuses se laisse porter en crowdsurfing, cette reprise déchaîne la salle et incarne pleinement l’art du second degré du groupe.

Pour le bis, Feuerschwanz embarque une dernière fois le public vers le “Whaal”, avant de faire escale en Terre du Milieu avec” Rohirrim”. La soirée se conclut avec “Das elfte Gebot”», un véritable memento mori : vivre comme si chaque jour était le dernier – un credo incarné par ce groupe avec ferveur.

Feuerschwanz a livré un spectacle aussi généreux que maîtrisé, alternant moments épiques, titres déjantés, scénographie immersive et beaucoup d’auto-dérision. Il n’aura finalement manqué qu’une corne d’hydromel pour que cette soirée – placée à raison sous le signe d’une fête de chevaliers – soit parfaite !

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