
Nouveau passage de Carpenter Brut à l’Olympia, et l’artiste français semble plus que jamais chez lui dans cette salle dont il fait vibrer le plancher depuis plusieurs années. Ce concert, inscrit dans la tournée accompagnant la sortie de Leather Temple, concluant sa trilogie futuriste, marque une nouvelle étape dans l’évolution esthétique et scénique de l’univers Carpenter Brut. Porté par un public particulièrement enthousiaste, l’artiste livre une performance cohérente, ambitieuse et d’une intensité rare.
Ultra Sunn
La soirée s’ouvre avec ULTRA SUNN, formation belge désormais familière des scènes goth/EBM parisiennes. Le duo, renforcé sur scène en trio, installe immédiatement une atmosphère pulsée grâce à ses rythmiques binaires continues. Le set, fluide et sans véritable pause entre les titres, fonctionne comme un seul bloc énergique : une montée progressive soutenue par des lignes vocales mélancoliques et des mélodies électro-pop sombres.
Le public de Carpenter Brut, hétérogène mais globalement orienté metal, adhère rapidement, découvrant peut-être pour la première fois ce projet omniprésent dans le circuit darkwave. L’ambiance se réchauffe rapidement et Ultra Sunn parvient à créer une vraie connexion, entre énergie, bonne humeur et sobriété.
Carpenter Brut
C’est après un interlude permettant de découvrir quelques titres de Leather Temple réorchestrés façon jazz ou bossa nova que les lumières s’éteignent sous les cris de la fosse pleine à craquer.
L’Olympia bascule dans un tout autre décor. La scénographie a clairement franchi un cap : un obélisque central, deux écrans gigantesques, une mise en scène symétrique et structurée, et un pupitre au milieu de tout cela où trône désormais Franck Hueso. Le temps où CARPENTER BRUT restait en retrait sur un côté semble révolu : la nouvelle direction artistique assume une dimension plus cérémonielle et dramatique.
Les visuels projetés – publicités dystopiques, images saturées, clins d’œil cyberpunk – plongent directement le public dans l’univers de Leather Temple, où mégacorporations et mythologies futuristes se croisent dans une esthétique proche du jeu vidéo et de la science-fiction moderne.
Le concert s’ouvre sur “Ouverture (Deus Ex Machina)”, moment introductif théâtral qui installe immédiatement une tension. Les écrans s’illuminent, les premières basses grondent, et l’Olympia se retrouve d’un coup aspirée dans une ambiance futuriste. L’enchaînement “Major Threat” / “Leather Temple” suit la structure de l’album et renforce la dimension immersive. Les basses plus épaisses, les roulements de batterie martiaux, les lumières agressives : tout converge vers une expérience plus lourde. La salle répond immédiatement : l’énergie monte et les premiers mouvements apparaissent dans la fosse: ça slamme, ça pogote.
La force de ce concert réside en partie dans la construction cohérente de la setlist, qui alterne morceaux récents et classiques tout en respectant une dynamique scénographique forte.
Une première montée en puissance dévastatrice
“Roller Mobster” déclenche comme toujours une réaction immédiate. Le riff iconique et sa structure ascendante transforment l’Olympia en une immense vague mouvante. “She Rules The Ruins” et “Start Your Engines” renforcent l’emphase dramatique du début de set, et pousse la fosse à l’implosion. “Looking for Tracy Tzu”, toujours très apprécié pour son ambiance cinéma de genre, réactive instantanément le public.La transition “Day Stalker” / “Night Prowler”” marque l’un des moments les plus fort de cette section centrale. L’esthétique plus sombre de ces titres correspond parfaitement à la scénographie cyberpunk-hymnique déployée sur scène.
L’audience ne faiblit jamais : à chaque accélération, la fosse répond par une intensité renouvelée. L’expérience live, décuplée par la lumière et les projections, traverse littéralement les spectateurs.
Turbo Killer : moment charnière et explosion collective
Arrive alors “Turbo Killer”, véritable pivot du concert. Carpenter Brut, fidèle à sa réputation, utilise ce morceau comme catalyseur scénique. Un wall of death est déclenché sur simple signe de tête : un moment devenu rituel, attendu mais toujours aussi impressionnant. Les stroboscopes saturent l’espace et l’Olympia atteint ici son pic d’intensité physique.
La dernière partie du concert mise sur l’efficacité et la violence: “5 118 574” garde l’élan intact, “Le Perv” annonce discrètement l’approche de la conclusion. Et c’est sur la traditionnelle reprise de “Maniac” que l’Olympia se transforme en un immense chœur et dancefloor gothique rock. L’audience chante d’une seule voix, les lumières répliquent celles d’une discothèque futuriste, et la salle entière danse une dernière fois.
La soirée se conclut sur “The End Complete”, parfaite fermeture narrative, fidèle à l’esprit de l’album et à la construction du concert.
Le public, conquis du début à la fin, ressort avec la sensation d’avoir assisté à un show particulièrement abouti, à la hauteur des ambitions de l’artiste. On a hâte de voir si l’essai est transformé en 2027 au Zénith de Paris.






























