Vingt-cinq ans. Dans l’écosystème imprévisible du rock, c’est presque une anomalie statistique. Depuis ses débuts au début des années 2000, Black Stone Cherry a traversé les modes sans jamais vraiment changer de cap : un hard rock massif, nourri de blues, de southern rock et d’une sincérité presque old school. Trois ans après Screamin’ At The Sky, le quatuor du Kentucky revient avec Celebrate, un EP de sept titres qui ressemble moins à une transition qu’à une carte de visite condensée.
Pas de révolution ici. Mais plutôt une démonstration tranquille : après un quart de siècle de carrière, Black Stone Cherry sait exactement ce qu’il fait… et surtout pourquoi il le fait.
Le sens du riff et du refrain
Chez Black Stone Cherry, tout commence presque toujours par un riff. Celebrate ne fait pas exception. Le morceau-titre “Celebrate” ouvre l’EP avec ce mélange de puissance et de groove qui a fait la réputation du groupe : guitares épaisses, refrain fédérateur et cette impression que le morceau a déjà été pensé pour la scène.
Dans la même logique, “Neon Eyes” et “Caught Up In The Up Down” rappellent à quel point le groupe maîtrise l’équilibre entre énergie brute et efficacité mélodique. Rien de particulièrement surprenant dans la structure, mais une exécution impeccable qui transforme ces morceaux en véritables machines à refrains.
C’est peut-être là que réside la longévité du groupe : une écriture simple en apparence, mais calibrée avec une précision redoutable. Chez Black Stone Cherry, les hymnes rock restent une seconde nature.
Quand l’émotion prend le dessus
Mais réduire Celebrate à une simple démonstration de hard rock serait passer à côté de ce qui lui donne réellement de l’épaisseur. L’EP laisse aussi apparaître une facette plus sombre, notamment avec “I’m Fine”, qui s’aventure vers une ambiance plus rugueuse, presque grunge dans l’esprit.
C’est cependant “Deep” qui constitue le véritable cœur émotionnel de l’ensemble. Porté par une interprétation particulièrement habitée, le morceau aborde des thèmes très personnels pour les membres du groupe. Loin d’être une simple ballade de transition, il apporte une dimension sincère et touchante qui rappelle que derrière les amplis saturés se cache un groupe profondément humain.
Et c’est précisément ce contraste qui fonctionne : Black Stone Cherry sait cogner, mais il sait aussi ralentir pour laisser respirer l’émotion.
Une fin entre puissance et clin d’œil rock
Même lorsque le groupe explore des terrains plus introspectifs, il finit toujours par revenir à ce qu’il fait de mieux. “What You’re Made Of” remet les guitares au centre du jeu avec un riff nerveux et un solo incandescent qui sent bon le rock joué fort.
La dernière surprise arrive avec une reprise inattendue : “Don’t You (Forget About Me)”, le classique popularisé par Simple Minds. Plutôt que de copier l’original, Black Stone Cherry choisit de lui injecter sa propre énergie. L’arrivée de Tyler Connolly, chanteur de Theory Of A Deadman, renforce encore ce côté rock hymnique qui transforme ce monument des années 80 en final musclé et plutôt réjouissant.
Avec Celebrate, Black Stone Cherry ne cherche pas à redéfinir sa formule. Le groupe préfère rappeler pourquoi elle fonctionne toujours aussi bien : des riffs solides, des refrains fédérateurs et juste assez de nuances pour éviter la routine.
Ce n’est peut-être pas le chapitre le plus marquant de leur discographie, mais c’est un rappel efficace que, vingt-cinq ans après leurs débuts, les Américains jouent toujours avec le cœur. Et parfois, c’est exactement ce qu’on attend d’eux.
Informations
Label : Mascot Records
Date de sortie : 06/03/2026
Site web : www.blackstonecherry.com
Notre sélection
- Deep
- Celebrate
- I’m Fine
Note RUL
3,5/5







