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ALTER BRIDGE @ Zénith (18/02/26)

Mi-février, pluie battante sur Paris, mais à l’intérieur du Zénith, l’ambiance est tout sauf grise. Ce mercredi 18 février, le rock alternatif américain a transformé la salle en véritable fournaise. Soirée dad rock assumée pour les uns, shoot de nostalgie 2000 pour les autres. Une chose est sûre : Sevendust, Daughtry et Alter Bridge ont fédéré un Zénith conquis d’avance. RockUrLife vous embarque dans une soirée placée sous le signe de l’énergie communicative.

Sevendust

Quinze ans après leur dernier passage en France, les pionniers du nu metal US SEVENDUST signent un retour aussi attendu que musclé. Alors que le Zénith se remplit progressivement, le groupe dégaine d’entrée deux classiques, “Black” et “Praise”, replongeant instantanément la fosse à la fin des années 90. Groove massif, riffs syncopés, énergie compacte : la machine fonctionne toujours aussi bien.

Porté par la voix veloutée et puissante de Lajon Witherspoon, le set transpire le plaisir de rejouer en Europe après des années compliquées. Le frontman remercie à plusieurs reprises la “metal family” européenne et présente le nouveau titre “Is This The Real You”, accueilli avec la même ferveur que les classiques. Mais trente minutes plus tard, le set est déjà terminé… On en aurait volontiers repris une dose.

Daughtry

Dans la continuité de cette soirée 100 % américaine, place à la voix révélée par American Idol en 2006, DAUGHTRY. Le groupe vient défendre ses derniers EP Shock To The System (2025) avec un set qui alterne entre pop rock US et ballades cœur brisé dignes d’un dad rock bien assumé. Côté performance, la maîtrise vocale de Chris Daughtry est irréprochable, mais frôle parfois la démonstration. Le show est millimétré et ne laisse pas de place pour l’improvisation, ce qui lui fait perdre un peu en spontanéité et en authenticité.

Les nostalgiques des années 2000 ne sont pas oubliés : la mélancolique “It’s Not Over” est reprise par le Zénith comme un hymne générationnel. Autre moment fédérateur, la cover énergique de “Separate Ways” de Journey apporte une parenthèse plus dansante au set. En une heure, Daughtry fait une synthèse entre nouveautés et tubes qui ont marqué les années 2000. Un concert taillé pour les amoureux des refrains mélancoliques ! On grimpe doucement mais sûrement vers les sommets du dad rock.

Alter Bridge

Et on y arrive enfin à 21h15, lorsque ALTER BRIDGE entre en scène. Véritables maestros du genre, ils trouvent un public chaud bouillant. Dès les premières notes de “Silent Divide”, la salle s’enflamme. Il semblerait que le nouvel album Alter Bridge ait trouvé un écho auprès du public parisien. Avec plus de 20 ans de carrière, Alter Bridge maîtrise l’art du concert réussi ! Et pour ça, il nous faut :

Des morceaux énergiques

Si Alter Bridge fait partie des pionniers du metal alternatif américain, ce n’est pas pour rien. Et le set de ce soir le prouve une fois de plus. Après un démarrage survolté avec “Silent Divide”, pas question de relâcher la pression : le groupe enchaîne avec plusieurs titres de l’album Fortress.

“Addicted To Pain”, avec son riff d’intro saturé de distorsion, explose dans la foule qui se met immédiatement en mouvement. Puis “Cry Of Achilles”, et son début de guitare sèche capte l’attention de la salle en un instant. Les morceaux d’Alter Bridge sont non seulement d’une efficacité redoutable, mais ils transpirent aussi une maîtrise technique sans faille. Intemporels, les refrains résonnent et l’auditoire scande avec ferveur : “Don’t close your eyes, something beautiful is still alive“.

Parmi les nouveaux titres mis en avant, “Playing Aces” déploie toute son énergie grâce à son tempo rapide et son ambiance légèrement plus sombre. On ressent clairement la joie d’Alter Bridge à défendre ce nouvel album et le plaisir de voir un public qui répond. Un moment de communion intense avec la salle.

Des ballades émouvantes

En réalité, la marque de fabrique d’Alter Bridge réside dans ses ballades, toujours plus émouvantes et saisissantes. Sur scène, elles trouvent une résonance nouvelle, sublimées par des lumières chaudes et tamisées. Malgré la grandeur du Zénith, l’ambiance devient intimiste, sincère et touchante. 

L’audience s’affirme comme le cinquième membre du groupe, reprenant en chœur “Open Your Eyes” et “Watch Over You”. On se laisse emporter par la valse des lumières de téléphone, et tout devient magique. On pourrait écouter ces morceaux une centaine de fois, ils procureraient toujours des frissons. Et que dire de la voix de Myles Kennedy, qui atteint des envolées claires et merveilleuses… tout simplement impeccable.

La Tremonti hour

Si la voix d’Alter Bridge est souvent associée à Myles Kennedy et à sa tessiture lumineuse et veloutée, le son si caractéristique du groupe ne serait rien sans Mark Tremonti. Non seulement il assure les solos de guitare et les chœurs, mais ses propres morceaux deviennent des incontournables.

C’est sur la récente “Tested And Able” où l’on profite du grain plus brut de sa voix où il lead le morceau a merveille. Il est lui-même accompagné de l’assistance qui connait le morceau sur le bout des doigts. Tremonti a sa fan base a part entière et ce soir ils étaient évidemment au rendez-vous. 

La montée en puissance finale

“Metalingus” procure l’effet escompté : efficacité maximale ! Le public du Zénith, que l’on croyait plutôt tranquille, s’enflamme en un énorme pogo. Myles Kennedy demande à la foule de s’asseoir… juste pour relancer la dynamique de manière encore plus explosive ! Comme quoi nos dads n’ont rien perdu de leur fougue et sont toujours prêts à pogoter avec le sourire.

Puis vient le moment de communion tant attendu, “Blackbird”. Les phrases “Let the wind carry you home, Blackbird fly away, may you never be broken again” résonnent encore après le concert, tant elles ont été reprises en chœur par tout le Zénith. Un moment de partage sincère entre le groupe et son public.

Le show, super calibré, reste tout de même humain et authentique, avec ses petites imperfections qui lui donnent tout son charme. Quand retentissent les premières notes de “Isolation”, on comprend que la fin du concert approche. Petit couac : Myles commence avec la mauvaise guitare… Résultat, on a droit à deux intros de “Isolation” pour notre plus grand plaisir. Ces petits moments imprévus font toujours du bien en live !

Mais le set touche à sa fin. On n’a rien vu passer : 1h30 de tubes, un concert simple et efficace, un retour aux bases ressourçant. On aurait peut-être aimé entendre un peu plus de morceaux du nouvel album, mais ça reste un show mémorable. Alter Bridge a son public de superfans, de dads qui pogotent et chantent à pleins poumons, un vrai plaisir de voir autant de passion dans la salle !

Alter Bridge Setlist Le Zénith, Paris, France 2026, What Lies Within Tour

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Lucie Allet
Tombée dans la marmite du metal dès mon plus jeune âge, je l’aime sous toutes ses formes et j’essaie de transmettre sa passion, sa force et sa sincérité dans mes chroniques.