Bruce Springsteen dévoile “Streets Of Minneapolis”, une chanson de protestation frontale contre l’ICE et l’administration Trump !

Bruce Springsteen n’a jamais attendu que la poussière retombe pour prendre position, mais il n’avait sans doute jamais réagi aussi vite à l’actualité. Avec “Streets Of Minneapolis”, révélé en surprise, le Boss livre une chanson de protestation écrite, enregistrée et publiée en quelques jours, en réaction aux violences policières survenues à Minneapolis et à la mort de Renée Good et Alex Pretti, tués ce mois-ci par des agents fédéraux. Une prise de parole musicale brute, directe et profondément politique, qui s’inscrit dans la plus pure tradition de son œuvre engagée !
Dès sa mise en ligne, Springsteen a accompagné “Streets Of Minneapolis” d’un message sans détour, expliquant l’urgence de la démarche : il a écrit ce titre le samedi, l’a enregistré le lendemain et l’a partagé immédiatement “en réponse à la terreur d’État infligée à la ville de Minneapolis“. La chanson est dédiée aux habitants de la ville, aux “voisins immigrés innocents” et à la mémoire d’Alex Pretti et de Renée Good, avec ces mots de conclusion simples et lourds de sens : “Restez libres“.
Musicalement, “Streets Of Minneapolis” débute sur une base dépouillée avant de s’ouvrir progressivement à une montée en puissance rock, portée par un groupe au complet et des chœurs rappelant l’esprit de l’E Street Band. Le ton est grave, la voix râpeuse de Springsteen chargée de colère et de tristesse. Le morceau décrit une ville “en flammes” sous “les bottes d’un occupant“, évoquant frontalement ce qu’il appelle “l’armée privée du roi Trump“, désignant les forces fédérales rattachées au Department of Homeland Security.
Les paroles reviennent précisément sur les circonstances des deux morts. Alex Pretti, infirmier de 37 ans, a été abattu alors qu’il semblait filmer l’intervention des agents. Renée Good, elle aussi âgée de 37 ans, a été tuée quelques semaines plus tôt lors d’une autre opération de l’ICE. Springsteen met en cause les versions officielles avancées par l’administration, chantant notamment : “Leur version parlait de légitime défense, monsieur / Mais ne croyez pas vos propres yeux“, opposant les vidéos filmées par des témoins aux déclarations de responsables politiques comme Stephen Miller ou la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, explicitement cités dans le texte.
Le refrain agit comme un mémorial, répétant la promesse de ne pas oublier “les noms de ceux qui sont morts dans les rues de Minneapolis“. L’écho avec “Streets Of Philadelphia”, son titre emblématique consacré à la crise du sida dans les années 90, est évident, tant dans le choix du titre que dans cette volonté de donner une voix aux victimes d’un système défaillant. Comme souvent chez Springsteen, la colère n’efface jamais l’humanité, et le morceau se veut autant un cri de rage qu’un appel à la solidarité et à la résistance.
Cette sortie s’inscrit dans une série de prises de position publiques récentes. Lors d’une apparition au Light of Day Festival dans le New Jersey, Springsteen avait déjà dédié “The Promised Land” à Renée Good, appelant à s’opposer à des forces fédérales qu’il accuse d’user de méthodes autoritaires, allant jusqu’à reprendre les mots du maire de Minneapolis en déclarant que l’ICE devait “dégager de la ville“. Depuis 2016, l’artiste n’a cessé de critiquer Donald Trump et sa politique, qualifiant son administration de “corrompue, incompétente et traîtresse” lors de précédentes tournées.
Avec “Streets Of Minneapolis”, Bruce Springsteen signe l’un de ses morceaux les plus explicitement politiques à ce jour, renouant avec l’urgence et la radicalité de titres comme “American Skin (41 Shots)” ou “The Ghost Of Tom Joad”. Plus qu’une simple chanson, ce nouveau titre agit comme un document musical du présent, un témoignage à chaud d’une Amérique fracturée, où le rock redevient un outil de contestation et de mémoire. Fidèle à lui-même, le Boss rappelle que, face à l’injustice, le silence n’a jamais été une option.






