
Une affiche alléchante qui promettait une soirée aussi épique que divertissante : Epica, maîtres incontestés du metal symphonique, et Amaranthe, véritable OVNI du power metal moderne, unissent leurs forces pour leur Arcane Dimensions Tour en tant que co-headliners. Après quelques premières dates en Allemagne et au Royaume-Uni, les deux groupes font escale à Paris ce dimanche 25 janvier. Et ils ont clairement tenu leurs promesses.
Même si le Blue Monday – la journée la plus morose de l’année – est déjà passé depuis une semaine, la météo comme l’actualité ne sont guère plus réjouissantes. Heureusement, certains instants rappellent que la magie existe encore : réunir des milliers de personnes un dimanche soir pour plonger ensemble dans un univers épique en fait partie. Ce soir-là, Amaranthe et Epica transforment le Zénith de Paris en un véritable temple du metal, animé par un fort esprit de communion.
Amaranthe
Après l’ouverture assurée par CHARLOTTE WESSELS, c’est au tour d’AMARANTHE d’investir la scène et de transformer la fosse du Zénith en un immense dancefloor.
Amaranthe démarre fort avec deux titres énergiques et entraînants issus de l’album Manifest (2020) : “Fearless” et “Viral”.
Les changements d’ambiances s’enchaînent sans temps mort : du très festif “Maximize” aux influences électro au plus épique “Strong”, porté par une intro au piano, une ligne de basse lourde et le chant expressif d’Elize Ryd.
Pour l’anecdote – et pour le plus grand bonheur des geeks – Amaranthe interprète aussi l’hymne “PvP” qu’ils ont composé pour l’équipe nationale suédoise d’e-sports.
“Crystalline”, avec Elize Ryd en solo et une introduction épique mêlant flûte et violon, offre une parenthèse poétique de courte durée. L’arrivée fulgurante et explosive de “BOOM!1” sort instantanément le public de sa bulle.
Les jeux de lumières, très soignés, soulignent parfaitement les variations d’atmosphère du set. Sur “The Catalyst”, elles font penser à des aurores boréales, tandis que “Amaranthine” bénéficie d’une mise en lumière particulièrement efficace, offrant l’un des moments les plus poétiques de la soirée jusqu’ici.
Mais Amaranthe assume aussi pleinement son versant plus pop grâce à des morceaux comme “That Song” et son rythme rappelant “We Will Rock You”, auquel Amaranthe rend un clin d’œil en en jouant quelques mesures. “Drop Dead Cynical” vient clore la prestation : basses martelées, jets de fumée… tout est réuni pour chauffer la salle avant la suite.
Epica
Les lumières se rallument et l’auditoire est plus que prêt pour EPICA. Après un court compte à rebours, Simone Simons fait son apparition, de manière très appropriée, sur “Apparition”. Elle se dévoile en contrejour, portée par une scénographie mêlant lumières et vidéos, qui magnifiera l’ensemble du set. Dès “Cross The Divide”, la salle vibre, renforcée par la présence d’une imposante croix rouge sur les écrans.
Le jeu de fumée et de lumières sur “Eye Of The Storm” crée une ambiance onirique. Eau ou nuages ? Difficile à dire, mais l’effet est saisissant. Avec “Unleashed”, l’audience a droit à de superbes envolées lyriques sur fond de feux d’artifice dorés. Plus rare en live, “Never Enough”, est servi par une scénographie plus sobre en noir et blanc.
L’un des moments forts de la soirée est sans doute “Sirens – Of Blood And Water”. La scénographie se teinte de bleu grâce à des projections d’images aquatiques. Interprété en featuring avec Charlotte Wessels, le morceau donne lieu à un superbe duo entre les deux chanteuses. Les premières minutes, portées par des parties de xylophone mises en avant, installent une ambiance mystique, inquiétante et presque cinématographique.
Après l’instant intimiste de “Tides Of Time”, éclairé par des centaines de téléphones, Epica revient en force avec “The Grand Saga Of Existence”. La mise en scène est grandiose : projections immersives de feu et de lave, d’eau, même d’un arbre de vie… Les couplets lyriques et refrains épiques, renforcés par cette scénographie spectaculaire, donnent tout son sens au terme “symphonique“.
Avec “Beyond The Matrix”, Epica affiche clairement sa volonté de marquer les esprits pour la fin du concert et exige du public : “everybody has to jump“. La salle entière obéit, portée par l’énergie communicative du morceau. La complicité évidente entre les membres du groupe transparaît sur scène, renforçant ce sentiment de communion totale entre Epica et son public.
En quittant la salle, le Blue Monday semble bien loin. Ce soir-là, Epica et Amaranthe ont transformé le Zénith en un univers où l’imaginaire et la musique se confondent. Leur spectacle grandiose, hors du temps, rappelle que le metal peut à la fois rassembler, émerveiller et faire rêver.
























































