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GWAR reprend “Pink Pony Club” de Chappell Roan pour “A.V. Undercover” !

Il aura suffi de quelques secondes à peine pour que l’on comprenne que rien n’allait se passer comme prévu. Lorsque les Scumdogs of the Universe débarquent aux Chelsea Studios, à New York, une voix s’élève hors champ : “Ça sent tellement le propre !”. Le ton est donné. Loin des fosses infernales et des geysers de faux sang, GWAR s’attaque cette fois à “Pink Pony Club”, l’hymne pop incandescent de Chappell Roan, dans le cadre de la série A.V. Undercover !


Le contraste est saisissant et pourtant étrangement naturel. D’abord presque sage, la reprise laisse Blöthar the Berserker s’installer dans la mélodie avant que la machine GWAR ne s’emballe. Quand le refrain explose et que le frontman hurle “God, what have you done? You’re a pink pony girl and you dance at the club” (“Mon Dieu, qu’as-tu fait ? Tu es une fille du Pink Pony et tu danses au club“, la transformation est totale. La pop flamboyante se mue en rituel alien metal, brutal, théâtral et délicieusement excessif, sans jamais perdre de vue l’âme du morceau.)

Ce n’est pas la première fois que GWAR se prête à l’exercice pour The A.V. Club. En 2015 déjà, le groupe avait livré une version furieuse de “She Bop” de Cyndi Lauper, avant de participer au grand retour de la série en 2024 avec une relecture survoltée de “I’m Just Ken”, la ballade théâtrale incarnée par Ryan Gosling dans Barbie. Avec cette nouvelle apparition, GWAR signe même un record historique : sept participations à A.V. Undercover, un sommet qu’il continue d’atteindre en dynamitant joyeusement toutes les règles.

Le choix de “Pink Pony Club” n’a rien d’anecdotique. Sorti initialement en 2020, le titre a connu une seconde vie spectaculaire lorsque Chappell Roan a explosé sur la scène mondiale avec son premier album, The Rise And Fall Of A Midwest Princess. Portée par une performance marquante lors des Grammy Awards 2025, qui lui a valu le trophée de la Révélation de l’année, la chanson est devenue un manifeste pop de l’émancipation et de la réinvention de soi, au point d’être citée par Rolling Stone parmi les 250 plus grandes chansons du XXIᵉ siècle.

Une thématique qui résonne étonnamment fort chez GWAR. Dans un communiqué, Blöthar the Berserker résume parfaitement l’esprit de la reprise : ““Pink Pony Club” parle d’embrasser l’exil d’un monde ennuyeux et merdique et de se recréer comme on le souhaite. Soyez qui vous êtes, soyez qui vous n’êtes pas, énervez les gens, on s’en fout !“. Derrière les armures grotesques et l’outrance assumée, le message rejoint celui de Chappell Roan : l’affirmation de soi, sans compromis ni excuses.

Grotesque, euphorique, sincère et totalement incontrôlable, cette reprise rappelle une vérité simple : une grande chanson survit à toutes les traductions, même lorsqu’elle est confiée à une horde d’extraterrestres métalliques venus semer le chaos. Et quand GWAR danse au Pink Pony Club, impossible de ne pas y croire.

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Anthony Bé
Fondateur - Rédacteur en chef du webzine RockUrLife