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Wolf Alice – The Clearing

Originaire du quartier de Seven Sisters, le groupe indie Wolf Alice revient avec The Clearing, un album écrit dans l’intimité de son Londres natale et enregistré sous le soleil californien. Ce quatrième disque succède au très réussi Blue Weekend (2021). Désormais trentenaires, les membres du groupe semblent avoir atteint une forme de maturité artistique, sans jamais renier leur goût pour la singularité.

L’éclosion d’un son baroque et plus organique

Avant même la sortie de “Bloom Baby Bloom”, premier single détonnant, la formation avait semé les indices d’un virage esthétique : une playlist Spotify aux accents de soft pop et de baroque pop, des guitares sèches en avant, et une ambiance très 70s. Évidemment, ce n’était pas un hasard.

L’ensemble s’ouvre sur les notes de piano et les cordes frottées de “Thorns”, un premier titre qui évoque le besoin d’exprimer et de mettre en scène sa souffrance à travers la musique et d’en tirer une certaine reconnaissance. Le rythme est doux et lent, la voix d’Ellie Rowsell se dévoile progressivement dans toute sa splendeur accompagnée par les instruments. Un titre fort qui assure une belle introduction à ce nouvel univers. S’enchaînent ensuite des morceaux un peu plus rythmés avec l’audacieux et très varié “Bloom Baby Bloom” ou encore “Just Two Girls” qui célèbre l’amitié féminine avec une énergie contagieuse.

Arrive ensuite “Leaning Against The Wall”, plus expérimental, qui adopte une narration pouvant rappeler leur titre “Don’t Delete The Kisses”, avec une fin volontairement étrange, comme un rêve qui s’effiloche.

Au fil de l’écoute, chaque membre du groupe se révèle à travers des riffs travaillés, des rythmiques atypiques et des basses charnues même si la vocaliste semble être mise un peu plus en avant. Les arrangements de cordes, et notamment d’alto, assez présents sur l’album, amènent une touche baroque singulière. On ne peut s’empêcher d’entendre un peu de Fleetwood Mac ou encore de penser aux Carpenters et à d’autres artistes de cette époque en écoutant certains titres. C’est peut-être aussi dû à une production plutôt maîtrisée et très soignée de Greg Kurstin, qui travaille souvent sur des arrangements plus pop.

Maturité, introspection et lucidité

The Clearing est aussi un album sur l’acceptation. Ellie Rowsell y explore sa voix comme jamais auparavant, tantôt aérienne, tantôt viscérale. Sur “White Horses”, Joel Amey prend le lead, 10 ans après “Swallowtail”, et leurs voix se mêlent avec une harmonie presque instinctive.

Le point culminant du disque est atteint avec “Bread Butter Tea Sugar”, morceau central autour d’une relation toxique, où le plaisir se mêle à la douleur. L’outro, de nouveau portée par l’ensemble de cordes frottées nous amène à “the clearing“, ce moment de lucidité alors qu’on est encore un peu dans l’ombre. “Play It Out” est une ballade poignante sur la condition féminine, où Ellie s’interroge ce que c’est d’être une femme et sur l’envie de vieillir comme elle le souhaite. “Safe In The World” et “Midnight Song” sont aussi des chansons plus douces présentes sur la dernière partie de l’album.

Sur ce The Clearing, le groupe n’a plus besoin de faire ses preuves, mais choisit de le faire quand même. Ellie notamment, n’a plus la pression de prouver qu’elle est une musicienne complète. Ici, son plus bel instrument, c’est sa voix et on ne peut nier son excellente évolution et maîtrise au fil des années. On peut quand même entendre ses talents de flûtiste (instrument dont elle joue depuis toute petite) sur “The Sofa”, l’excellent dernier titre qui clôture l’ensemble.

The Clearing est un nouveau tournant pour Wolf Alice qui signe un album dense avec des sonorités plus pop et baroques, où chaque morceau semble chercher la lumière. On regrette peut-être l’absence de morceaux plus rock et plus lourds, mais finalement c’est surtout une certaine forme de finesse qui nous charme.

Informations

Label : Sony Music / Columbia
Date de sortie : 22/08/2025
Site web : www.wolfalice.co.uk

Notre sélection

  • Leaning Against The Wall
  • Just Two Girls
  • Play It Out

Note RUL

 4,5/5

Ecouter l’album

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Stéphanie K Perera
J'ai la tête dans les nuages, des paillettes plein les yeux et les oreilles qui dansent (pas littéralement, je ne sais pas les faire bouger sur commande malheureusement, mais pour environ 20% de la population, il paraît que c'est un jeu d'enfants...)