Neck Of The Woods Silversun Pickups

Troisième album studio du quatuor indie rock Silversun Pickups, "Neck Of The Woods" se démarque des précédents "Swoon" (2008) et "Carnavas" (2006) par son côté assez sombre et introverti. Le frontman Brian Aubert a même rapproché ce nouvel opus d'un film d'horreur. Alors que peuvent vraiment attendre les fans de cette nouvelle galette à l'aura si énigmatique ?

A vrai dire, le goût de la formation californienne pour les films d'horreurs et autres histoires de fantômes n'est pas tout à fait nouveau, et l'on pouvait déjà en ressentir l'impact, bien que modéré, sur ses précédents efforts, en particulier l'excellent "Swoon". Mais sur ce "Neck Of The Woods", une certaine tension maintient l'auditeur dans un état de confusion quasi-permanent, avec une volonté apparente de la part du groupe de surprendre les fans et de tester leurs limites. On retiendra en particulier le bien nommé "Bloody Mary (Nerve Endings)", premier single choisi pour l'album. Que les fans inquiets se rassurent, on retrouve quand même tout ce qui fait Silversun Pickups : la voix androgyne de Brian Aubert, le son très 90s mais assez expérimental mélangeant guitares saturées et nappes électroniques, l'excellence du combo basse-batterie, mais aussi l'influence persistante des Smashing Pumpkins. Pourtant, l'impression majeure qui ressort de ces onze titres, c'est bien une volonté des quatre d'évoluer, de laisser derrière eux cette étiquette de copycats qui leur a immédiatement été collée à leurs débuts, et dont ils ont eu jusqu'ici du mal à se détacher. C'est donc bel et bien une quête introspective que met en lumière ce nouvel album, qui permet à l'ensemble de L.A. d'enfin pleinement exprimer son identité musicale et sa vision du monde, à travers des mélodies un peu moins directes et des paroles plus intimistes. On relèvera notamment "Here We Are (Chancer)" qui, bien qu'il s'en dégage un certain pessimisme, régale par son ingéniosité et sa sensibilité. Certains regretteront sans doute le coté moins immédiat de ce disque, mais il s'agit véritablement d'un pas en avant, quand on voit la finesse du résultat. Et puis, on retrouve quand même plusieurs morceaux à l'efficacité indéniable, comme "Busy Bees", "Mean Spirits" ou "The Pit". Mais ce sont des titres comme le fascinant "Gun-Shy Sunshine" ou l'épique "Out Of Breath" qui nous permettent d'affirmer que Silversun Pickups a véritablement atteint une maturité qui frôle l'état de grâce.

Il n'y a rien de plus satisfaisant que de voir un groupe prendre son envol et réinventer ce qui le définit, comme le fait Silversun Pickups dans "Neck Of The Woods". Les fans accepteront sans doute sans trop de difficultés cette évolution tandis que les non-initiés seront charmés par l'intelligence de cet opus. Sans doute un des meilleurs albums de cette fin de printemps.

Postée par Camille Baroiller le 21 juin 2012

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